21.09.2008
L' Europe empoisonne l'agriculture
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Tentant de faire valoir les conclusions du « Grenelle environnement », Monsieur Barnier souhaiterait une réduction de nos pesticides de 50% d'ici 10 ans. Un bien brave homme !
Point besoin d’être grand clerc pour imaginer la réaction de l’Union des industries de la protection des plantes. De grands amoureux des plantes !
Pour Jean-Charles Bocquet, directeur général de ces amoureux, le plan « Barnier » est irréaliste, sauf si on considère que la France n’est plus un pays agricole et que nous serions obligés d’importer des produits agricoles de base »
Et de faire valoir que les volumes des pesticides utilisés ont baissé de 40% entre 1999 et 2006. Oubliant de préciser que si les volumes baissent, la qualité des produits est toujours plus puissante…
De son côté, la courageuse FNSEA s’accroche au « si possible » ministériel…
Pascal Ferey, vice-président du syndicat agricole, n’en doutons pas, la main sur le cœur, précise : « Il est hors de question d'accepter que le ministère prenne le risque d'handicaper économiquement (...) les filières végétales françaises ».
Dans la douce musique de ses déclarations, l’Europe, elle, travaille !
Et la Grosse Commission a harmonisé les normes quant aux résidus d'herbicides, fongicides et pesticides afin que toute la belle famille des 27 soit enfin unie !
S’est-elle appuyée sur la directive de 2005 qui prévoyait que seraient retenues les « Limites Maximales de Résidus » de pesticides les plus basses ?
Les promesses n’engagent que ceux qui les ont écoutés…
Aussi,grâce à cette « harmonisation » devrait-on trouver sur les agrumes, des taux 40 fois supérieurs de Fénoxycarbe (qui stoppe le développement des larves d'insectes)et la tomate aura droit à 10 fois plus de son herbicide favori (le Cléthodime).
Longue est la liste… Envolées nos normes nationales ! Et un cadeau de plus à de puissantes industries…
Une association regroupant environ 900 médecins français n’a pas manqué de réagir en dénonçant, dès vendredi 12 septembre 2008, les nouvelles normes européennes en matière de pesticides dans les aliments, refusant ces « plafonds toxiques qui peuvent compromettre la santé humaine ».
« Les décisions européennes concernant l'harmonisation des taux de pesticides semblent issues de la politique du nivellement par le bas. Nous, médecins de terrain, refusons ces plafonds toxiques qui peuvent compromettre la santé humaine » (Association santé environnement France).
Ces médecins rappellent que les pesticides, « outre la toxicité aiguë pouvant conduire à des décès, ont des effets chroniques avérés » (anomalies congénitales ou des troubles du système immunitaire).
14:50 Publié dans Agriculture | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note
20.08.2008
Grace à la PAC, la France ne produit plus assez de lait !
Avec la PAC , notre production, bretonne principalement a perdu 100 millions de litres par an !
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Le prix du lait n'en finit pas de grimper et cette ébullition incontrôlable se mesure dans les rayons des grandes surfaces : 20 % de plus en un an ! Franck Riboud, le PDG de Danone, a confirmé récemment une augmentation de 2,5 % de ses produits. Ce n'est qu'un exemple. Cette flambée devrait se poursuivre l'an prochain pour des raisons qu'on n'a aucun mal à identifier : hausse de la demande mondiale, notamment dans les pays émergents, la Chine et l'Inde, baisse des importations de Nouvelle Zélande en raison d'un climat trop sec, consommation accrue en Europe… Le panier de la ménagère s'en ressent, d'autant qu'entre le blé et les fruits, cette hausse n'arrive pas seule.
Les temps ont changé. On est loin des montagnes de lait invendu, des stocks de beurre communautaire qui avaient justifié, en 1986, la mise en place de la Politique agricole commune. Aujourd'hui, il y a une réelle pénurie de lait, et l'Union européenne, la même qui avait instauré les quotas, envisage de les supprimer. Hier, la Commission européenne a proposé une vaste révision de la PAC avec la levée progressive de ces quotas à échéance de 2014-2015.
La nouvelle PAC, instaurée en 2003, a fortement influencé l'activité laitière. « On est la seule région de France où la collecte de lait est à ce point en retrait. Cette année, elle a chuté de 100 millions de litres. C'est l'équivalent d'une usine dans une région qui produit 1,5 milliard de litres par an, l'équivalent d'un département comme l'Ille-et-Vilaine », résume Michel Blanc, responsable de production à Sodial-Union (Montauban).
La réforme de la PAC qui a rompu le lien entre montant des subventions et quantités produites, a découragé plus d'un éleveur, lequel a fini par se tourner vers la production céréalière jugée plus lucrative. Cinq mille agriculteurs, soit 5 % des producteurs, jettent l'éponge chaque année. Avec une diminution du nombre de vaches encouragée par les primes à l'abattage. Avec 23 milliards de litres par an, la France n'arrive même plus à atteindre les quotas fixés par l'Europe.
Il existe donc de multiples raisons à cette sous-production laitière. D'autant, précise Jean-Louis Lousteau, président du groupe laitier 3A, qu'on pourrait y ajouter notre propension à consommer toujours plus de laitages et plus de fromages. Un constat qui intervient à l'heure où le cheptel diminue sans cesse : « Il faut trois ans pour reconstituer un troupeau. Certes, on pourrait rattraper le retard en donnant aux animaux des compléments nutritifs, mais ceux-ci ont augmenté comme les autres matières premières », précise M. Lousteau qui craint que « la compétitivité des acteurs régionaux ne soit entamée ».
En résumé, avant que les quotas disparaissent vraiment, chacun réclame une remise à plat du système de distribution et d'affectation des références jugé trop administré.
Un retour à une logique de l'offre et de la demande paraît de plus en plus évident.
Le lait du sud consommé sur place
Midi-Pyrénées possède le premier troupeau ovin de France avec 2,5 millions de têtes. Quant au cheptel laitier, il diminue sans cesse du fait de la politique des quotas. Cela a entraîné une baisse de plus de 15 % du volume total de la production traite. Le nombre de producteurs de lait est passé de près de 17 000 en 1984 (première année d'application des quotas) à environ 5 000 aujourd'hui. La quasi-totalité du lait est utilisée dans le Sud-Ouest et l'Auvergne. Sur une production totale de 1,5 milliard de litres, 150 millions finissent en poudre pour l'alimentation humaine. La majorité du lait finit en fromage, le reste en produits frais (desserts lactés, yaourts…) et en lait de consommation. Danone fabrique essentiellement des produits frais, Lactalis des fromages, lait et produits frais, Sodial, du lait à consommer et de la poudre de lait, 3A, des fromages et des desserts, Bongrain, des fromages.
« On a complètement découragé les producteurs »
Avec Clément, Denis et Rémy, c'est la troisième génération de producteurs de lait, chez les Chayriguès, à être installée à Lapanouse-de-Séverac, en Aveyron. Les trois frères élèvent des brunes ainsi que des brebis. L'aîné, Clément, raconte les années difficiles qu'ont connues ses parents, cite la mise en place des quotas laitiers au début des années « 80 ». « Ma mère, qui voulait s'installer, a dû se tourner vers une autre production - des ovins viande - faute de pouvoir produire plus de lait sur l'exploitation », se souvient-il. Il y a eu aussi « de 2003 à 2006, un prix du lait constamment à la baisse et un coût des matières premières qui n'avait de cesse d'augmenter, des sécheresses consécutives... C'était dur moralement et professionnellement. On avait beau travailler pour produire un lait de qualité, on ne sortait pas un revenu décent ». Prime laitière comprise, le lait était payé 300 €/ 1 000 l, autant qu'en 2001 mais avec des charges plus importantes. « Si l'inflation de 1,5 % avait été répercutée depuis 25 ans, il serait à 359 €. On en est loin ». Pour le jeune éleveur, là est la raison de la pénurie de lait. « On a complètement découragé les producteurs ! De 4 000 points de collecte en Aveyron en 1984, il n'en reste plus que 1 700 ». Il se veut optimiste : «Le Rouergue est parvenu à conserver une certaine dynamique laitière ». La filière recommence à espérer depuis que « certains départements de Midi-Pyrénées, qui ont abandonné des quotas, vont les laisser à d'autres de la même région ». Il y a aussi la hausse, enfin concrète, du prix payé au producteur mais l'éleveur souhaite « qu'elle ne soit pas répercutée, que le consommateur n'en fasse pas les frais.
Il faudrait, pour cela, sortir de l'Europe pour commencer et que distributeurs et transformateurs baissent leurs marges »...
09:34 Publié dans Agriculture | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note
14.05.2008
Dossier "OGM" = Orage Gouvernemental Majeur ...
Le texte de loi UMP repoussé par l’Assemblée. Jean-François Copé, qui ne tient pas ses troupes, bientôt « fauché » ?
OGM… Trois lettres qui, mercredi matin, comme le suggérait Alain Sanders en conseil de rédaction, semblent signifier, après ce qui c‘était passé la veille à l’Assemblée nationale : orage gouvernemental majeur. C’est bien une tempête, en ces temps de météo déréglée, qui a en effet soufflé mardi après-midi sur le Palais-Bourbon. De façon très inattendue, le projet de loi, certes controversé, sur les OGM, qui devait être définitivement adopté à l’issue du vote, a été rejeté par l’adoption, à une voix près (136 contre 135) d’une motion de censure défendue par le communiste André Chassaigne. José Bové, qui suivait les débats depuis le balcon que l’Assemblée réservé au public, exultait. Ses faucheurs ont fait des émules dans les rangs mêmes de l’UMP. Où d’autres coups de faux en retour sont à prévoir.
La gauche évidemment triomphe. « C’est une très belle leçon donnée au gouvernement et à Nicolas Sarkozy », se réjouissait l‘écologiste de choc Noël Mamère. « J’espère qu‘à l’instant où je parle, le président de la République est en train de manger la moquette de l’Elysée, parce que c’est une victoire des Français contre le gouvernement qui voulait faire passer une loi en force. » Une force métamorphosée en farce.
Et le mirifique dandy socialiste Arnaud Montebourg de surenchérir : « C’est un coup de tonnerre dans le ciel des semenciers (…). Il n’y a plus de texte sur les OGM, il est sorti de l’ordre du jour, le gouvernement est maintenant obligé de reprendre la procédure au départ avec le même chemin de croix, c’est-à-dire la désapprobation profonde d’une partie de sa propre majorité sur sa libération des OGM en France (…). Tous les députés des appellations d’origine contrôlée, des fromages, des vins, des productions agricoles qui risquaient d‘être contaminés par les OGM, avaient finalement soutenu notre position de protection de notre patrimoine agricole. »
Les syndicats agricoles, eux, sont navrés. Jean-Michel Lemétayer, président de la FNSEA, le plus important syndicat agricole, déclare : « C’est lamentable de voir la cacophonie sur ce dossier. Est-ce que le gouvernement a encore une majorité ? Nous demandons le plus rapidement possible un nouveau projet de loi. »
Comment en effet peut-on perdre sur un projet de loi quand on détient une solide majorité ? Ce sont évidemment les divisions et l’absentéisme de la majorité qui ont valu à cette dernière de se trouver ainsi le bec dans l’eau. Absentéisme engendré par la méfiance de nombreux élus UMP qui considèrent que ce texte était mal ficelé et ne correspondait pas à leurs souhaits. Ou du moins à ceux de leurs (grands) électeurs du monde rural (voir ci-dessus les lobbies des appellations d’origine contrôlée). Les réticences d’une Nathalie Kosciusko-Morizet ont également contribué à jeter le trouble parmi certains élus UMP.
De façon plus anecdotique, la loi sur les OGM aurait également été victime des propos vitrioliques tenus jeudi dernier par Nicolas Sarkozy sur son prédécesseur Jacques Chirac (voir dans Présent du 10 mai l’article : Sarkozy dans le texte). En représailles, les députés chiraquiens auraient refusé de prendre part au vote.
De couacs en cafouillages
Ces considérations n’exonèrent toutefois pas les responsables de cette majorité. Un vieux briscard parlementaire expliquait mercredi soir : « Tout cela relève de l’amateurisme. Ce genre de situation n’est évidemment pas nouvelle au Parlement. Mais alors, celui qui est au perchoir effectue un rapide comptage. Et s’il connaît son monde il sait bien quels sont ceux qui, parmi les présents, vont voter pour et ceux qui vont voter contre. S’il y a danger, il exige alors le corum , ce qui permet de repousser le débat à plus tard. » Tout un travail parlementaire dont les « amateurs » qui dirigent actuellement l’UMP se sont montrés bien incapables. Le retentissant fiasco de mardi s’ajoute donc à toute une série de cafouillages comme par exemple celui sur le service minimum ...
On évoquait ci-dessus l’orage gouvernemental que cette mutinerie UMP façon « crosse en l’air » avait provoqué. On s’attend maintenant à ce que la foudre élyséenne tombe sur certains hiérarques UMP, coupables d’amateurisme chronique, réduisant en cendres des ambitions trop tôt affichées. On dit que dans cette perspective Jean-François Copé se cherche désespérément un paratonnerre.
On peut aussi souligner, à propos de ce débat excessivement passionné, les « peurs fantomatiques » et irraisonnées que suscitent les OGM en France. Claude Allègre relevait fort justement dans le dernier numéro du Point : « Pourtant, nos animaux mangent du soja OGM, nous-mêmes consommons des aliments contenant des OGM, mais ils ne sont pas produits en France ! Nous les importons ! Or, si l’agriculture française ne peut utiliser les OGM, ses prix seront de 30 à 40% plus élevés que ceux de ses concurrents américains, argentins, brésiliens ou même espagnols. Cela revient à se tirer une balle dans le pied. Ce qui n’est d’ailleurs pas une raison pour développer les OGM sans précaution. »
Cela va de soi. Mais chez nous, cet indispensable principe de précaution a été transformé par les fanatiques de la secte verte en un dogme intangible. Ces prêcheurs de l’Apocalypse écologiste, qui pèsent si peu dans les urnes, mais si lourd dans médias et les instances dirigeantes, risquent, une fois de plus, avec leurs lubies millénaristes, de plomber toujours davantage notre économie déficiente.
JEAN COCHET
19:44 Publié dans Agriculture | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note
15.04.2008
Feuilleton des OGM ...
Secrétaire d'Etat à l'Ecologie, Nathalie Kosciusko-Morizet avait accusé la semaine dernière son ministre de tutelle Jean-Louis Borloo d'être entré dans « un concours de lâcheté » avec Jean-François Copé, président du groupe parlementaire UMP, à propos du projet de loi sur les OGM, finalement adopté à une courte majorité par les parlementaires. Des propos qui ont irrité le Premier Ministre François Fillon qui a décidé d’exclure Mme Kosciusko-Morizet de son voyage officiel au Japon. Selon un sondage Ifop pour Le Journal du Dimanche rendu public le 12 avril, 78% des sondés estiment qu'elle a eu raison de tenir des « positions assez restrictives concernant la culture des OGM » devant l'Assemblée nationale. Dans un communiqué, le Front National a relevé que « le projet de loi sur les OGM est bien dans la ligne du Grenelle de l’environnement. Dans un cas comme dans l’autre, il s’agit d’amuser la galerie pour masquer le fait que les décisions sont prises ailleurs. L’impromptu Kosciusko-Morizet sert utilement à masquer le fait que le projet de loi n’est rien d’autre que la transposition d’une directive européenne, elle-même élaborée sous la pression de lobbies mondialistes ». Le FN n’avait pas été dupe des bonnes intentions affichées lors du Grenelle de l'environnement en octobre dernier (FDA Quotidien du 29/10/2007). Le député FN Jean-Claude Martinez rappelait plus largement dés 2003 que la question des OGM était une affaire de souveraineté économique, industrielle, scientifique, agroalimentaire. Et l’élu frontiste n’avait pas hésité à citer dans l’hémicycle du parlement européen, la liste des personnes affectées au dossier des OGM au sein de l’administration Bush, ayant tous des liens financiers et professionnels étroits avec la multinationale des OGM Monsanto (FDA Quotidien du 04/07/2003).
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