25.08.2008
Nous n'avons rien à faire en Afghanistan
L’AFGHANISTAN est un théâtre d’opérations injustifiées et illégales car les motifs de guerre sont faux : la coalition ne combat pas des terroristes mais des résistants Afghans de différentes ethnies même si les pachtouns sont les plus nombreux et divisés. Appuyés sur la population des différentes tribus, les « peshmergas » mènent une guerre contre l’envahisseur au nom de valeurs patriotiques, même si l’islam, majoritairement sunnite mais loin d’être unifié, instrumenté depuis longtemps par les services spéciaux pakistanais ( ISI ) avec la bénédiction des services américains, vient se superposer aux motivations nationales et fédère les différents mouvements. Il faut d’ailleurs rappeler que les Talibans avaient été portés au pouvoir grâce à l’appui des Américains et des Pakistanais avant l’attaque de 2001. Ensuite, s’il est vrai que la culture du pavot s’y est à nouveau développée (alors que les Talibans au pouvoir l’avaient pratiquement éradiquée), est-ce le rôle de l’OTAN ou de la France d’aller y guerroyer pour ce motif ? Cette guerre est vouée inéluctablement à l’échec, comme celle d’Iraq, car l’armée la plus sophistiquée ne peut rien contre des combattants de style commando. Le Vietnam l’a déjà prouvé et l’on pourrait reprendre la chanson de Jimmy Endricks, je crois, que les opposants au Président Lyndon Johnson claironnaient en choeur: « Je ne veux pas aller me battre pour défendre les Vietnamiens contre les Vietnamiens ». Hamid Karzaï agent de la compagnie pétrolière américaine UNOCAL, ne contrôle que Kaboul et risque tous les jours de se faire assassiner parce qu’il représente les envahisseurs et ne fonctionne que par accommodements successifs avec les chefs tribaux. Entendre un soldat américain répondre à un journaliste que « même si c’est dur et dangereux, il faut bien botter le cul à ces connards qui obligent les femmes à porter le voile », indique le degré de conviction des soldats de la coalition : ils sont souvent désabusés de combattre un ennemi invisible et tirent à l’aveuglette en provoquant des pertes de civils même pas impliqués dans une résistance justifiée à la coalition militaire. Le commandant américain de la Force a déclaré récemment qu’il lui faudrait au moins 400.000 hommes pour réussir sa mission, au lieu des 47.000 actuels. Mais même avec un million d’hommes il ne parviendrait pas à contrôler ce pays montagneux où plusieurs sommets dépassent les 7000 mètres.
Il est donc inutile et dangereux, et en définitive scandaleux que nous soyons encore présents militairement dans ce pays, et pire, que nous renforcions notre présence pour confirmer notre retour dans l’OTAN militaire, ce qui est déjà effectif, et pour obtenir une avancée dans la construction d’une Europe de la défense dont nos partenaires européens ne veulent pas, de même que les Américains, à moins qu’elle ne soit la force supplétive de l’Alliance dirigée par les Etats-Unis.
10:39 Publié dans Politique étrangère | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note




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