09.01.2009
Les fossoyeurs de la France continuent de ruiner notre économie!
Oubliés les bons vœux pour l’an neuf. Car l’économie n’aura pas connu, cette année, de trêve des confiseurs. D’autant que tous les indices, toutes les enquêtes sont d’accord : la situation est grave, et risque de s’aggraver encore.
D’abord, parce que la zone euro est en récession depuis le troisième trimestre 2008 ; et que, selon la plupart des analystes, il y a tout lieu de penser que les chiffres – qu’on ne connaît pas encore – se soient détériorés nettement au quatrième trimestre. Au point que l’on s’attend à une contraction du PIB cette année. Ce qui signifie, bien sûr, que les fameux plans de relance qu’on nous annonce un peu partout coûteraient inévitablement plus cher.
Ensuite, et en conséquence, parce que la confiance n’est plus là. Ni chez les entrepreneurs ni chez les consommateurs. Sans parler du chômage, et de l’accumulation des plans sociaux. Le moral est à son plus bas niveau depuis 1985.
L’économie européenne affronte « le test le plus difficile de son histoire » et « on peut considérer que 2009 sera très difficile en termes de croissance », a clairement résumé jeudi le commissaire européen aux Affaires économiques Joaquin Almunia.
La situation ne se limite d’ailleurs pas à la zone euro, puisque Barack Obama déclarait jeudi, à quelques jours de son investiture : « Je ne crois pas qu’il soit trop tard pour changer de cap, mais cela le sera si nous ne prenons pas des mesures cruciales le plus vite possible. Si rien n’est fait, cette récession pourrait durer des années. »
Voilà qui est parler plus net que Nicolas Sarkozy. Le Président français déclarait en effet ce même jour, à l’occasion de la conférence internationale à Paris, « nouveau monde, nouveau capitalisme », qu’il était impensable de rester sur un immobilisme qui « conduirait le monde dans quelques années à la même situation que celle d’aujourd’hui ». Ce qui est évidemment un euphémisme…
Le message était explicitement adressé aux Etats-Unis, avec lesquels Sarkozy entend que l’Europe travaille. Si le prochain G20 ne voit pas Washington proposer une réitération de Bretton Woods en 1945. Car il n’y a plus, aujourd’hui, une seule monnaie ; « il n’y a plus une seule nation qui peut dire ce qu’il faut faire ou ce qu’il faut penser » ; et « nous n’accepterons pas le retour de la pensée unique ». Que les démocrates se rassurent, il ne s’agit ici que d’économie !
Mais à quoi tend cet appel à une refonte, cette moralisation, cette refondation du capitalisme – puisque l’anticapitalisme serait une impasse ? Mais c’est tout simple, et Tony Blair l’a excellemment résumé : la crise économique « comporte une leçon : aujourd’hui, pas même le plus puissant système national ne peut fonctionner sans une notion de gouvernance mondiale ».
Nous y voila ! Et le président Sarkozy comme le chancelier Merkel ont évidemment renchéri.
Parce que, aujourd’hui, souligne Angela Merkel – qui préfère cependant appliquer un plan de relance allemand –, il n’y a « aucune autre possibilité » de lutter contre la crise que « les montagnes de dettes que nous accumulons actuellement ». Mais après, il faudrait cesser d’emprunter aux pays émergents – eh oui ! actuellement nous empruntons à ceux qu’on appelait autrefois les pays pauvres.
Cela dit, Sarkozy estime que le retour à l’endettement « exprime la foi dans l’avenir ». Apparemment, il n’a jamais entendu parler de la fuite en avant.
Au passage, personne n’explique pourquoi ce qui, en cette matière, est interdit au simple citoyen, et qui n’est d’ailleurs pas sain pour son économie familiale, serait bon pour les Etats.
Il y a dix ans, on nous expliquait qu’en devenant une économie européenne, on pallierait les défauts de l’économie nationale. Aujourd’hui que la situation a empiré, on nous explique qu’il nous faut une gouvernance économique mondiale.
Pourquoi cela marcherait-il mieux ?
Peu importe ! le chemin est imposé. Le directeur de l’OMC Pascal Lamy qui, en marge de la conférence, déclarait que « globalement le commerce international va suivre la décroissance de l’économie mondiale », n’hésitait pas à ajouter : « Les règles de l’Organisation mondiale du commerce permettent d’éviter les réactions protectionnistes brutales. »
Autrement dit : on se précipite vers une chute économique, et on contraindra tous ceux qui voudraient y échapper à suivre le mouvement !
Jean-Marie Le Pen dénonçait, ce même jour, à l’occasion de ses vœux à la presse, ces « apprentis sorciers de l’économie ». « Auréolés d’une gloire factice, éblouis par des idées qu’ils croyaient modernes, ils ont détruit les nations, les Etats constitués (…), les services publics, tous livrés aux lois de la marchandisation universelle », dénonçait-il.
Et, après nous avoir montré ces abîmes financiers qu’ils ont contribué à construire, nos dirigeants s’étonnent que leurs concitoyens ne se précipitent pas pour y jeter leurs derniers sous…
OLIVIER FIGUERAS
15:48 Publié dans Economie | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : économie française




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