06.11.2009
Burqua et identité nationale à la sauce sarkobes.
A cinq mois des régionales
Besson ressort les appeaux du sarkozysme pour attirer les électeurs de droite : burqa et identité nationale
Ministre de l’immigration d’un gouvernement en chute libre dans les sondages, un gouvernement plombé par l’accumulation des déficits publics, l’accroissement du chômage et du coût de la vie, mais également déconsidéré par ses promesses non tenues, notamment sur l’immigration et l’insécurité, Eric Besson, qui était dimanche soir l’invité du Grand Jury sur LCI, nous a (re)joué avec aplomb du pipeau sur l’air de « l’identité nationale ». Un thème récurrent que Nicolas Sarkozy nous avait interprété avec une certaine virtuosité en 2007 et qu’il nous ressort désormais avant chaque élection. En y ajoutant cette fois quelques notes de circonstance sur la burqa. Le grand air du bla-bla mis en musique par un transfuge du PS.
« J’ai envie de lancer un grand débat sur les valeurs de l’identité nationale, sur ce qu’est être Français aujourd’hui », a déclaré dimanche soir le ministre de l’immigration et de l’Identité nationale, ajoutant : « Je vais le lancer avec les parlementaires, députés et sénateurs, avec également les députés européens. »
Ce débat durera deux mois et demi, avant un « grand colloque de synthèse » qui aura lieu, devinez quand ? « Fin janvier début février ». A quelques semaines des élections régionales. La ficelle est vraiment grosse. Grosse et en outre usée jusqu’à la trame pour avoir déjà beaucoup trop servi. Et surtout servie à rien. « Il faut réaffirmer les valeurs de l’identité nationale et la fierté d’être Français. » Tu l’as dit Bouffi ! Mais les Français connaissent aujourd’hui à quoi correspond ce genre de discours dans les actes de Sarkozy.
Dimanche soir, notre joueur de flûte a quelque peu actualisé sa partition en y ajoutant quelques notes supplémentaires sur la burqa : « On peut débattre sur l’opportunité de la loi (). Mais sur les principes il n’y a pas de débat : la burqa est inacceptable et contraire aux valeurs de l’identité nationale. »
Avec toujours pour objectif avoué à ses déclarations martiales, de « réduire à néant » le parti de Jean-Marie Le Pen. « La mort politique du FN serait la meilleure nouvelle pour tous les républicains de France et si je peux y contribuer je ne m’en priverai pas. » C’est le même double discours que tenait en 2006 et 2007 le candidat Sarkozy, expliquant à ses nombreux relais de gauche dans l’intelligentzia parisienne que ses prises de positions sur l’immigration n’étaient que des leurres destinés à « siphonner » l’électorat de droite, mais que bien sûr il n’en pensait pas un mot. Lui le champion de la discrimination positive…
Mais un homme averti en vaut deux ! Paraît-il… Si cet adage se vérifie, les électeurs de droite ne devraient plus se laisser prendre aux pipeaux de Sarkozy. Surtout quand le chasseur à la pipée se nomme Eric Besson…
Entre le peuple et ses « élites » : le gouffre !
A propos du Front national, Le Monde daté de dimanche s’interrogeait sur sa vice-présidente : Marine Le Pen tente de redonner une voix au FN. Le rédacteur de l’article, Abel Mestre, constatait : « C’est elle qui a lancé, début octobre à la télévision, la polémique sur le livre La mauvaise vie, écrit par Frédéric Mitterrand avant qu’il ne devienne ministre de la culture. Elle, encore, qui a surfé sur le tollé suscité par l’annonce de la candidature de Jean Sarkozy à la tête de l’Etablissement public de la Défense (EPAD), avant que ce dernier ne fasse machine arrière. » Et le journaliste du Monde de souligner : « En cette rentrée, elle est convaincue qu’une brèche s’est ouverte. Elle dénonce un gouffre entre les élites et le peuple et axe ses interventions médiatiques sur les valeurs de la droite. »
A rapprocher de cet article une rubrique signée Pierre Leroy parue le même jour dans le Journal du Dimanche qui prend passionnément la défense de Roman Polanski et de Frédéric Mitterrand. Leroy achève son plaidoyer en exhortant ce dernier : « Tenez bon, monsieur le ministre, ne vous laissez pas entamer par ces infamies, il ne faut rien leur concéder. » L’infamie stigmatisant en l’occurrence ceux qui la dénonce au gouvernement. Beau retournement du sens des mots. Pierre Leroy n’est pas un simple plumitif. Il est cogérant du groupe Lagardère, propriétaire, entre autre, du Journal du Dimanche. L’un des titres parmi les plus sarkozystes de la presse française. On voit à travers cette rubrique qu’elles sont les valeurs de droite, que Sarkozy et ses sbires prétendent défendre. Ce sont celles de Frédo (surnom affectueux de Frédéric Mitterrand dans les milieux parisiens). En tout cas la chronique de Pierre Leroy, intitulée On croit rêver, conforte pleinement l’analyse de Marine Le Pen : aujourd’hui il existe bien un gouffre entre les élites et le peuple. Un gouffre qui va s’élargissant, et dans lequel la droite nationale doit s’engouffrer tout entière.
Régionales : les alliances à la carte ne sont plus au menu ?
Bisbilles à gauche ! Le PCF a largement voté dimanche en faveur de l’autonomie vis-à-vis du PS au premier tour des régionales en souhaitant élargir le Front de gauche créé avec Jean-Luc Mélenchon. Mais « des alliances à la carte » avec les socialistes pourraient néanmoins être décidées par les militants en région. Il s’agit pour les cocos de poursuivre l’alliance avec le Parti de gauche (PG) de Jean-Luc Mélenchon et la Gauche unitaire de Christian Picquet (groupuscule dissident du NPA de Besancenot) au sein du Front de gauche créé pour les européennes, et de l’ouvrir à d’hypothétiques « nouvelles forces » issues notamment du mouvement syndical, social ou associatif. Pour Marie-George Buffet, ce Front doit être un « levier pour faire bouger le curseur à gauche ». Au deuxième tour, il faut donc, selon elle, des « majorités dans les régions » en fusionnant avec PS et Europe-Ecologie, mais bien sûr « à l’exclusion du MoDem ».
Seulement il y a un hic pour ces élections à la carte. Fabius n’en veut pas. L’ancien Premier ministre socialiste s’est prononcé dimanche soir pour des « alliances nationales » aux élections régionales, écartant toute velléité d’alliances « à la carte » en fonction de la situation politique dans les différentes régions et à la tête du client. « Nous, nous ferons des alliances nationales bien sûr. Si on se relance dans une politique à la carte, les électeurs seront déboussolés, a déclaré sur BFM-TV le député de Seine-Maritime, qui a réintégré récemment la direction nationale du PS. Pour lui, en somme, les élections à la carte façon Buffet, c’est de la bouillabaisse pour les électeurs ? Et tant pis pour les vieux croûtons communistes que cela arrange…
Le Mouvement démocrate (MoDem) partira du coup, contraint et forcé, seul aux élections régionales, puisque personne à gauche ne veut (officiellement) s’allier avec lui. Bayrou ou la solitude du coureur de fond…
Chirac « alpagué » par la justice ?
Après Clearstream (voir l’article de Pierre Malpouge en page 3) un autre procès risque de défrayer l’actualité politique : celui, encore éventuel, de Jacques Chirac. C’est cette semaine que la juge d’instruction Xavière Siméoni, chargée du dossier des emplois présumés fictifs de la mairie de Paris, doit en effet décider si elle renvoie l’ancien président de la République – qu’elle a auditionné à cinq reprises – devant un tribunal. Après son ancien Premier ministre, Jacques Chirac va-t-il à son tour être « pendu à un croc de boucher » ? La « République des copains et des coquins » à l’étal de la justice en quelque sorte ?
JEAN COCHET
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11:09 Publié dans Immigration | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : identité nationale




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