25.10.2009
Les "droits de l' homme", outil de destruction de la civilisation chrétienne
| Écrit par Thierry Martin | |||||||||||||||||||||||||||||||||||||
| Article tiré du numéro 8 de la revue Civitas (mars 2003) : Les droits de l'homme « Droits de l’homme », expression aussi floue qu’incapacitante, invoquée à tout propos, utilisée comme une arme, y compris par ceux qui devraient pourtant savoir ce qui se cache derrière : ils sont devenus la source de la légitimité institutionnelle, consacrés par la loi, sanctionnés par le juge. En France, depuis juillet 1971, le Conseil constitutionnel fait figurer la Déclaration des droits de l’homme et du citoyen d’août 1789 au nombre des textes servant à contrôler la constitutionnalité des lois. Sa démarche a cependant depuis longtemps quitté le terrain juridique, puisque les juges constitutionnels se font fort de déterminer, selon leurs propres dires, de « nouveaux droits » en application de ladite Déclaration. C’est, sans l’avouer, donner un caractère « religieux » aux droits de l’homme et entrer de plain-pied dans l’idéologie. Jamais, à leur égard, le lumineux jugement de Mgr Gaume ne fut plus vrai : « Si, arrachant le masque à la Révolution, vous lui demandez : Qui es-tu ? elle vous dira : «… Je suis la haine de tout ordre religieux et social que l’homme n’a pas établi et dans lequel il n’est pas roi et Dieu tout ensemble ; je suis la proclamation des droits de l’homme contre les droits de Dieu… » 1 L’homme-roi à la place du Christ-roiL’article premier de la Déclaration des droits de 1789 proclame, on le sait, que « tous les hommes naissent et demeurent libres et égaux en droits ». Affirmation réitérée, sous forme méthodologique, à l’article 3, « Le principe de toute souveraineté réside essentiellement dans la Nation » et à l’article 6, « La Loi est l’expression de la volonté générale ». Droits de Dieu ou droits de l’homme, ordre ou désordre : il faut choisir !Fonder la société sur la seule volonté des hommes, est une chimère dont les conséquences n’ont pas fini de se faire cruellement sentir : « C’est en vain que, inspiré par l’orgueil et l’esprit de rébellion, l’homme cherche à se soustraire à toute autorité ; à aucune époque, il n’a pu réussir à ne dépendre de personne » 2. L’homme ne peut être « libre » au sens de l’idéologie des droits, puisqu’il n’est aucunement autonome, ni quand il naît, ni quand il est adulte. Animal social, l’homme ne se développe que grâce à la coopération d’autrui dans toute société. Seul le Bien commun peut permettre le bien particulier : « Ce qui réunit les hommes pour les faire vivre en société, c’est la loi de nature ou, plus exactement, la volonté de Dieu auteur de la nature ; c’est ce que prouvent avec évidence et le don du langage, instrument principal des relations qui fondent la société, et tant de désirs qui naissent avec nous, et tant de besoins de premier ordre qui resteraient sans objet dans l’état d’isolement, mais qui trouvent leur satisfaction dès que les hommes se rapprochent et s’associent entre eux » 3. Telle est la vraie science politique chrétienne, à l’exact opposé du « contrat social » de John Locke et de Rousseau. De la « laïcité »…Il s’ensuit que l’Etat laïque est un état dégradé, une « dissociété » (Marcel de Corte), oscillant en permanence entre désordre et césarisme, « l’anarchie plus le gendarme », selon Charles Maurras. La loi, livrée à l’arbitraire construction des hommes, en réalité, fruit de minorités organisées (sociétés de pensée, grands intérêts…), ne servira plus à canaliser l’homme vers sa fin surnaturelle, mais à assouvir ses passions déréglées. L’Eglise catholique, par son Magistère, mère et maîtresse de vérité en matière de théologie et de morale, rappelle les principes devant gouverner les hommes : « En favorisant la prospérité publique, la société civile doit pourvoir au bien des citoyens non seulement en n’opposant aucun obstacle, mais en assurant tous les moyens possibles pour la poursuite et l’acquisition de ce bien suprême et immuable auquel ils aspirent. Le premier de ces moyens consiste à faire respecter la sainte et inviolable observance de la religion dont les justes actes unissent l’homme à Dieu. » 4 Cette vérité naturelle découle d’une vérité surnaturelle, que nous affirmons chaque fois que nous récitons notre Credo et que Saint Paul rappelle dans ses Epîtres : « Il n’y a point d’autorité qui ne vienne de Dieu » (Rom. 13,1). C’est la raison pour laquelle, il ne saurait y avoir de séparation de l’Eglise et de l’Etat (proposition n° 55 condamnée par le Syllabus), comme le prétendent la loi française du 9 décembre 1905 et l’article 2 de la Constitution actuelle. … à l’apostasieLe refus conjoint de MM. Chirac et Jospin en décembre 2000, de rappeler dans le préambule de la Charte européenne des droits fondamentaux, l’héritage chrétien de l’Europe (formule déjà insuffisante en soi), est une apostasie de plus dont les peuples et les dirigeants européens auront à répondre en ce monde… ou dans l’autre. Cette apostasie, officielle et institutionnelle, a des conséquences très pratiques. Si, aujourd’hui le sort de la Turquie, hier janissaire de l’Islam, aujourd’hui réislamisée, est en discussion pour savoir si l’Union européenne doit l’admettre en son sein, c’est parce que l’Europe « n’est pas un club chrétien », comme le dit le premier ministre grec 5. Si en France et dans d’autres états d’Europe, les pouvoirs publics athées ou « catholiques » modernistes (M. Chirac, p. ex.) se refusent à endiguer les flots d’une immigration massive, c’est parce que celle-ci, qu’elle soit arabe ou africaine d’origine, est (très) majoritairement musulmane. Comment exiger de ces populations l’accomplissement de leur devoir d’état sur place, comment leur demander de se conformer aux principes de la civilisation chrétienne (monogamie, par exemple), comment assurer la paix civile dans ces pays aux ethnies nombreuses, si on les laisse dans l’ignorance de la Foi et des Commandements du Christ ou au minimum si on ne les contraint pas à se conformer aux lois découlant de l’ordre naturel ? Faire de la France « un territoire de résidence » 6, où toute personne est admise en raison de son « appartenance à l’humanité », renvoie au mythe de la Tour de Babel et fut affirmé, dès l’origine, par la philosophie des prétendues Lumières dont découlent les droits de l’homme : « Le droit cosmopolitique doit se restreindre aux conditions de l'hospitalité universelle » 7. Sur le plan spirituel, l’immigration de masse que connaît aujourd’hui la France est la conséquence autant de son apostasie que de la liberté religieuse de Vatican II qui met sur le même plan, Vrai Dieu, fausses religions et pratiques démoniaques 8. L’homme-législateur à la place du Christ-législateurL’idéologie des droits de l’homme postule, on l’a vu, que la loi est l’expression de la volonté générale. C’est-à-dire, très clairement, qu’elle n’est pas le reflet de la loi divine mais découle de la « souveraineté du peuple » : « Quant à la souveraineté du peuple…, si elle est éminemment propre à flatter et à enflammer une foule de passions, elle ne repose sur aucun fondement solide » 9. L’autonomie de la loi humaine par rapport à la loi divine, sous couvert des droits de l’homme, entraîne la destruction de la famille et de la paix publique, bases des sociétés humaines. Destruction de la familleL’idéologie des droits de l’homme détruit la Famille, société surnaturelle et naturelle, société-mère de la société humaine et c’est de manière très prophétique que Léon XIII annonçait toutes les législations hostiles que nous connaissons depuis 40 ans : « La société domestique trouve sa solidité nécessaire dans la sainteté du lien conjugal, un et indissoluble ; les droits et les devoirs des époux sont réglés en toute justice et équité ; l’honneur dû à la femme est sauvegardé ; l’autorité du mari se modèle sur l’autorité de Dieu ; le pouvoir paternel est tempéré par les égards dus à l’épouse et aux enfants ; enfin, il est parfaitement pourvu à la protection, au bien-être et à l’éducation des enfants. Dans l’ordre politique et civil, les lois ont pour but le bien commun, dictées non par la volonté et le jugement trompeur de la foule mais par la vérité et la justice » 10. Au nom de la libéralisation de la société et des « droits de la personne humaine », au sens révolutionnaire, de la diminution des allocations familiales en 1959 à la loi Royal de 2002 sur le nom patronymique, la famille a fait depuis 40 ans l’objet d’une hostilité proprement satanique, quel que soit le gouvernement 11. Il faut y ajouter l’édifice scolaire de « l’éducation nationale » (expression née sous la Révolution) et qui n’est en fait que l’école sans Dieu, donc sans vraie morale - d’où l’inenrayable vague de violences dans les établissements scolaires - édifice totalitaire renforcé par la loi du 16 octobre 1998 sur « l’obligation scolaire » qui, sous prétexte de viser des écoles « sectaires », veut en fait empêcher tout véritable enseignement catholique hors « contrat d’association », c’est-à-dire d’assimilation à l’enseignement laïque. On n’oubliera pas non plus le démantèlement des nécessaires et bienfaisantes censures en matière de spectacle ou de publications, commencé sous le ministère Malraux dans les années soixante et récemment confirmé : le gouvernement Raffarin a refusé de faire examiner une proposition de loi sur la violence et la pornographie à la télévison présentée par quatre députés de sa majorité, au nom du « droit à la libre expression » rappelé par le ministre Aillagon. Le ministre Sarkozy s’est, dans le même temps, refusé à faire saisir un roman pédophile. Destruction de la paix publiqueIl n’est pas que la politique familiale a subir les assauts infernaux camouflés sous les législations actuelles. La politique pénale, sous l’influence des droits de l’homme et de la « défense sociale nouvelle », est totalement subvertie et la protection de la vie des honnêtes gens est démantelée. Pourtant « la puissance politique n’est faite pour servir l’intérêt de personne et les fonctions publiques doivent être remplies pour l’avantage non de ceux qui gouvernent, mais de ceux qui sont gouvernés » 12. Mais il est vrai qu’on ne peut demander à des pouvoirs publics notoirement corrompus d’être fermes avec délinquants et criminels… Voici comment le pénaliste Pradel présente cette « défense sociale nouvelle » : « Cette nouvelle doctrine entend non pas défendre la société contre les délinquants…, mais faire passer la défense de la société par celle des délinquants qui doivent être resocialisés… Le juge devra tenir le plus grand compte de la personnalité du délinquant et… prononcer des sanctions… dépouillées de toute idée de blâme et de responsabilité morale. Enfin, la mesure prononcée sera constamment révisable ». Dans leur Précis de droit pénal publié en 2001, Jean-François Burgelin, procureur général près la Cour de cassation, Frédéric Debove, professeur de droit pénal et François Falleti, procureur général à Lyon, ancien directeur des affaires criminelles et des grâces, affirment : « Cela fait maintenant plus d’un demi-siècle que la défense sociale nouvelle domine les discours officiels en même temps qu’elle inspire les réformes législatives »… C’est malheureusement exact : de la dépénalisation de multiples infractions entamée en décembre 1958 à la loi Guigou sur la présomption d’innocence en passant par l’abolition de la peine de mort, c’est non moins systématiquement que les gouvernements successifs ont démantelé la protection de la paix publique 13. L’homme qui se fait dieu au lieu du Dieu qui s’est fait hommeDes « droits » illimités des criminels, reconnus par le législateur, au « droit » sur la vie des innocents, il y a un pas que le législateur des droits de l’homme devait logiquement franchir. Ce fut d’abord l’oeuvre de la loi Neuwirth en 1967 (dépénalisation de la propagande anticonceptionnelle et autorisation de la pilule), loi dont le Grand-maître maçon Pierre Simon avouera plus tard qu’elle fut élaborée dans les loges, puis de la loi Veil sur l’avortement (I.V.G. est un euphémisme de l’Ennemi) du 15 janvier 1975, entérinée par la loi Pelletier de 1979, remboursée par la loi Roudy de 1982, étendue par la loi Guigou du 4 juillet 2001 (délai porté à 12 semaines de grossesse), sans omettre la loi Aubry du 13 décembre 2000 sur la « contraception d’urgence » (Norlevo). Les droits de l’homme cultivent la culture de mort, c’est particulièrement vrai en matière de statut de l’embryon et de clonage : « Notre choix est de ne pas traiter la question du statut de l’embryon. Nous ne disposons pas des éléments techniques et éthiques nécessaires pour légiférer dans ce domaine » 14. Paradoxe des paradoxes, la loi Veil est plus précise que l’actuel article 16 du code civil puisqu’elle dispose (art. 1) que « la loi garantit le respect de tout être humain dès le commencement de la vie ». Une dérive semblable concerne l’euthanasie, au nom du « droit de mourir dans la dignité ». L’Eglise, encore une fois prophète face à l’effrayante propension démoniaque des législations modernes, a répondu par avance à tous les sophismes du « droit à disposer librement de son corps »… et de celui d’autrui : « Ceux qui, dans les nations, tiennent le pouvoir ou élaborent les lois, n’ont pas le droit d’oublier qu’il appartient aux pouvoirs publics de défendre la vie des innocents par des lois et des pénalités appropriées, et cela d’autant plus que ceux dont la vie est en péril et menacée, ne peuvent se défendre eux-mêmes, et c’est assurément le cas, entre tous, des enfants cachés dans le sein de leur mère. Que si les autorités de l’Etat n’omettent pas seulement de protéger ces petits, mais si, par leurs lois et leurs décrets, ils les abandonnent et les livrent même aux mains des médecins ou d’autres, pour que ceux-ci les tuent, qu’ils se souviennent que Dieu est juge et vengeur du sang innocent qui, de la terre, crie vers le Ciel » 15. ConclusionMgr Lefèbvre observe très justement qu’on ne saurait « trop insister sur le rôle providentiel de l’autorité de l’Etat pour aider et soutenir les citoyens dans l’obtention de leur salut éternel » 16. C’est la raison pour laquelle, aucune réforme politique n’est possible dans notre pays, comme chez ses voisins, tant qu’y règnera officiellement l’apostasie, et l’apostasie renouvelée : « Il n’y a pas de loi morale supérieure à la loi légale », tel est le « credo » de nos dirigeants actuels 17. Une fois de plus, c’est vers le Saint Pape du XXème siècle qu’il faut nous tourner pour (re)trouver la clé de la restauration sociale : « Non, la civilisation n’est plus à inventer, ni la cité nouvelle à bâtir dans les nuées. Elle a été, elle est. C’est la civilisation chrétienne, c’est la cité catholique. Il ne s’agit que de l’instaurer et la restaurer sans cesse sur ses fondements naturels et divins contre les attaques toujours renaissantes de l’utopie malsaine, de la révolte et de l’impiété. Omnia instaurare in Christo. » 18 Thierry Martin
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17:45 Publié dans Avenir de la France | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : droits de l'homme, civilisation chrétienne, franc-maçonnerie, 1789
La Turquie, puissance « globale » et détonateur en Europe
| Écrit par Trancrède Vitry | |||||||||||||||
| Article tiré du numéro 4 de la revue Civitas (mars 2002) : L'Etat Aperçu géographiqueC’est un grand pays, du moins à l’échelle des approches de notre continent, puisqu’il a une surface de 780 000 kilomètres carrés (une fois et demie la France métropolitaine) et qu’il est peuplé de soixante trois millions d’habitants, presque tous musulmans. La Turquie, réduite depuis 1920 au plateau anatolien et à une tête de pont européenne autour d’Istanbul, est généralement aride, souvent montagneuse et ne recèle pas de grandes richesses naturelles. Verrou des détroits du Bosphore, donnant sur deux mers, la Méditerranée et la Mer Noire, ce pays, à forte personnalité et à l’histoire prestigieuse, est au carrefour entre les influences européennes, perses, arabes et russes. Il est un des acteurs principaux des problèmes du Caucase et peut contrôler le débouché des oléoducs de l’Irak et de la mer Caspienne vers l’Europe. Enfin, le plateau anatolien et les montagnes de l’est sont le « château d’eau » des deux grands fleuves du Croissant fertile : le Tigre et l’Euphrate, ils représentent donc un des acteurs majeurs de la « grande bataille de l’eau » qui s’annonce au Proche Orient. Aspects religieux et spirituelsEtat officiellement laïque, mais pourvue d’une population pratiquant un islam sunnite assez modéré, la Turquie est cependant traversée depuis une vingtaine d’années par de puissants courants fondamentalistes issus du wahhabisme saoudien. De plus, considérant que son pays a été dépecé depuis le traité de Sèvres de 1920, l’élite Turque est orpheline de la splendeur de l’Empire ottoman, qui, au XVIIIe siècle, régnait de Sarajevo à Alger, via Jérusalem, Riad, Mossoul et Le Caire. La Cappadoce, berceau d’une des plus anciennes chrétientés du globe est maintenant vide de chrétiens et il est inutile de revenir sur le génocide des Arméniens en 1915 1, qui s’explique plus pour des raisons politiques que purement religieuses. Ainsi, la chrétienté de Turquie est-elle maintenant réduite à presque rien, y compris à Istanbul. Quand à son hostilité à la Grèce, terre orthodoxe (donc à la Russie), elle est intacte et absolue. Par ailleurs, les Turcs, qui se considèrent comme les héritiers du plus grand empire musulman du monde, acceptent très mal les indépendances des pays arabes jadis soumis à la Sublime Porte. Ils professent volontiers un certain sentiment anti-Arabe et surtout anti-panarabiste 2. Aspects historiques récentsAlliée de l’Allemagne durant la Grande guerre 3, la Turquie a donc succombé aux puissances victorieuses qui se sont taillées sur ses dépouilles des zones d’influence qui, à quelques détails près, ont abouti à la carte du Proche Orient telle que nous la connaissons aujourd’hui. Mustapha Kemal Atatürk s’insurgea contre la sujétion dans laquelle était tombé son pays, et organisa une véritable « révolution culturelle » dans les années 1920. Elle donna naissance à la Turquie moderne, seul Etat musulman véritablement laïc de la planète. Neutre pendant le second conflit mondial et s’étant opposé fermement à Staline aux débuts de la guerre froide, ce pays s’est ancré dans le camp occidental en adhérant à l’OTAN, dont il est l’un des plus fidèles partenaires entre les mains des Américains. Il poursuit néanmoins une politique constante d’hostilité à la Grèce, qui culmina avec l’invasion et la partition de l’île de Chypre en 1974, dont tout le nord est maintenant sous domination turque 4. PerspectivesCe pays a de grandes ambitions puisque l’on parle turc d’Istanbul au Sin-Kiang, son premier ministre Ecevit a d’ailleurs déclaré récemment que « la Turquie n’est pas une puissance régionale mais une puissance globale ». Néanmoins, ce panturquisme n’est actuellement pas appelé à un grand avenir du fait de la jalouse identité que manifestent les républiques turcophones d’Asie centrale 5. Les perspectives à court terme de la Turquie résident dans sa farouche volonté d’adhésion à l’Europe dont le Conseil a enfin accepté d’enregistrer en 1999 la candidature, après des décennies de refus. Cette adhésion ferait le jeu des Américains qui craignent beaucoup une Europe culturellement homogène et font tout pour occulter les immenses problèmes que constitue l’immigration turque en Occident 6. Par ailleurs, la Turquie se place dans les Balkans et au Caucase comme une digue anti-orthodoxe (toujours sur l’influence américaine) ainsi que comme un allié d’Israël, par anti-arabisme. Elle connaît deux problèmes majeurs et immédiats : l’irrédentisme kurde et la montée de l’islamisme qui, sans l’intervention constante de l’armée (600 000 hommes 7) dans la vie publique, aurait probablement déjà triomphé par la voie des urnes. Aussi ce grand pays au fort sentiment national mérite-t-il toute notre vigilante attention. Tancrède Vitry
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17:31 Publié dans Avenir de la France | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : turquie, islamisation de la france, politique américaine
16.10.2009
Sarkozy défend les "valeurs" de l'homosexualité et de la pédophilie.
Dans son entretien fleuve au Figaro, Nicolas Sarkozy a largement minimisé les difficultés actuelles de son gouvernement en raillant un « climat médiatique politisé et agité ». Interrogé sur l’affaire Mitterrand il s’est exprimé pour la première fois. Et c’est éloquent…
Il faut se souvenir au passage que Le Figaro avait fait une très louangeuse critique de La Mauvaise Vie lors de sa sortie en 2005 comme l’a rappelé récemment dans un débat le rédacteur en chef de Marianne à Alexis Brezé. Le Figaro n’est donc pas le mieux placé pour cuisiner le chef de l’Etat sur le sujet. Il n’est d’ailleurs pas le mieux placé pour cuisiner le chef de l’Etat tout court.
« A vos yeux, l’affaire Frédéric Mitterrand est-elle close ? », demande le quotidien.
« Je suis président de la République, commence Sarkozy avec solennité. Je dois défendre certaines valeurs. » Parfait, bien dit. On retient son souffle, on attend, c’est vrai qu’il y a pas mal à dire…
« Je ne laisserai donc personne assimiler homosexualité et pédophilie », assène un Sarkozy menaçant.
Et voilà la seule et unique valeur absolue proclamée par le président de la République sur l’affaire Mitterrand.
Avant d’ajouter, cerise sur le gâteau, que cette assimilation est un « retour au Moyen-Age qui fait honte à ceux qui l’ont employée ». Que connaît au juste du Moyen-Age ce Président qui ne lit pas et qui n’a jamais pu aller au bout de La Princesse de Clèves ? Qu’il commence par les ouvrages « faciles » de Jeanne Bourin et de Régine Pernoud sur l’amour courtois et il sera étonné de voir que le Moyen-Age n’était pas ce no man’s land obscur et barbare de jeu vidéo où les restes fumants des homosexuels assimilés à des pédophiles, finissent de se consumer sur des bûchers…
Ne brandir comme étendard qu’une seule mise en garde à propos de tout ce qui a été évoqué autour des écrits de Mitterrand, et que ce soit celle-là, en dit long en effet sur l’état actuel de l’échelle des valeurs de notre Président.
Rien sur le déballage sordide de son ministre de la Culture dans La Mauvaise Vie ni sur le récit ostentatoire et choisi de ses « Nuits fauves » dans les bordels du Maroc ou de Thaïlande où il choisit des « boys » sur un podium avec des numéros, et raconte comment il les sodomise dans la chambre d’un club de Patpong. (Chapitre « Bird » dans La Mauvaise Vie). Rien qui fasse sourciller notre Président non plus lorsque Frédéric Mitterrand utilise plusieurs fois dans son texte le terme de « gosse », une fois en parlant de ce « Bird » justement, ou une autre fois en déplorant que ces garçons ne récoltent que les miettes de la prostitution. Tout cela est normal, acceptable, présentable, défendable (et écrit avec talent !) pour un ministre de la République venu expliquer ses préférences sexuelles perverses et tordues au 20 h de TF1.
Interrogé sur l’affaire Polanski à qui Frédéric Mitterrand avait tout de suite apporté son soutien, Sarkozy dit comprendre que l’on soit choqué par la gravité des accusations contre le cinéaste mais lui-même ne dit pas qu’il l’est, et préfère condamner la lenteur de l’administration de la justice américaine.
Il n’y avait vraiment rien d’autre à dire pour un Président qui ose affirmer qu’il se place sur le terrain des valeurs et qu’il doit les défendre ? On en est là. Sarkozy en est là.
CAROLINE PARMENTIER
13:53 Publié dans Avenir de la France | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : lobbies homosexuels, lobby gay, affaire mitterand, ministre de la culture
23.03.2009
La culture de mort avec Fillon,Act up,les verts et les...autres
Le parti communiste, assisté d’Act-Up et des Verts, a mis en pratique sa basse provocation, dimanche midi, sur le parvis de Notre-Dame. Allongés devant Notre-Dame quelques-uns des militants tenaient une affichette à l’effigie de Benoît XVI, agrémentée de ces mots : « Ecoutez cet homme, soyez séropo », tandis qu’une vingtaine d’autres scandaient, sans crainte du ridicule : « La capote, c’est la vie, le pape l’interdit », ou « Eglise complice du sida ».
Il faut dire que les politiques n’avaient cessé, ces derniers jours, de donner le ton du libéralisme suicidaire. Ainsi Nadine Morano, en charge de la… famille, n’a-t-elle pas craint, à l’instar de plusieurs obédiences maçonniques, de dénoncer le discours irresponsable du Pape, affirmant que, « à côté de Jean-Paul II, que j’ai beaucoup admiré, Benoît XVI me choque profondément ». Sans doute ignore-t-elle que Jean-Paul II faisait grand cas de celui qui n’était encore que le cardinal Ratzinger…
François Fillon, lui aussi, avait été de son petit couplet, jeudi, en estimant que « tout ne peut pas être réduit à la théologie » – on ne voit pas franchement le rapport – et en précisant : « Il faut préserver la vie, c’est une priorité absolue. Il faut se protéger soi-même et il faut protéger les autres, c’est le seul message qui vaille. »
Et ce gars-là est Premier ministre ! C’est tout de même effrayant qu’on vous conseille de prendre tous les risques, et qu’on juge irresponsable de conseiller de ne pas les prendre. N’est pas Mithridate qui veut !
Dieu merci, des dizaines de catholiques – jeunes pour la plupart – étaient là pour réparer l’outrage. « Touche pas à mon Pape ! » : tel était le mot d’ordre. Avec quelques slogans plus directs : « Pas de subvention, Act-Up dissolution ! », et « Communistes, assassins ! » Les tracts agressifs et les préservatifs ont été balayés en un tour de main – n’en déplaise aux prudents, que l’honneur effraye… – au point que les insulteurs vindicatifs ont dû accepter la protection des forces de l’ordre !
Devant une presse importante, les jeunes catholiques ont chanté des Ave, tandis que d’autres distribuaient des tracts pour expliquer les propos du Saint-Père. « Des paroissiens, qui commençaient à sortir de Notre-Dame, ont apprécié et encouragé les manifestants catholiques. Certains d’entre eux s’en sont pris verbalement aux militants du PCF », relève e-Deo sur son blog.
Finalement, le calme est revenu sur la place Jean-Paul II vers 13 h 30. Au prix de onze interpellations parmi les… jeunes catholiques.
Il paraît que Verts et communistes sont scandalisés du déroulement qui a été donné à leur provocation, et envisagent de porter plainte. Pourraient-ils en profiter pour répondre à la question posée samedi par L’Osservatore Romano : « On peut certes être en désaccord avec la vision catholique, mais pourquoi – comme cela s’est produit – polémiquer jusqu’à insulter et déformer les faits ? »
OLIVIER FIGUERAS
20:03 Publié dans Avenir de la France | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : culture de mort
26.02.2009
Pour le retour du règne social de NS Jésus Christ
Quand nous disons que la seule Eglise est celle des évêques en communion avec le Pape et sous son autorité (cum Petro et sub Petro), nous récusons tout schisme et tout syncrétisme, quelles que soient les défaillances de la hiérarchie ecclésiastique.
Quand nous disons que « l’Eglise est malade », nous désignons en son sein la prolifération cancéreuse d’un néo-modernisme dominateur, mais ce n’est pas « l’Eglise » (et son mystère : une, sainte, catholique, apostolique) qui est malade. Ce sont, à divers degrés, les individualités du clergé et de sa hiérarchie.
La tentation du silence est celle à laquelle une Eglise « séparée » de l’Etat risque de céder dans une mesure plus ou moins grande, parce qu’elle a le sentiment que si elle ne se censure pas sur certains points contestés, elle finira par se trouver directement persécutée.
Ce n’est pas l’Eglise, c’est l’Etat qui a voulu la « séparation ». Il l’a voulue et il a pu l’imposer parce que la société, ses mœurs, ses institutions, se sont « sécularisées », c’est-à-dire sont devenues sans Dieu, par indifférence voire par hostilité. Et l’Eglise y a consenti parce qu’elle a eu le sentiment qu’elle n’y pouvait rien ; ou même parce qu’une trop grande partie du clergé et de sa hiérarchie a cru que dans ce qui les a opposés l’une à l’autre, c’est l’Etat qui avait raison et l’Eglise qui avait tort. La religion devrait donc se modifier selon l’exemple de l‘évolution démocratique et du progrès profane.
Cela seul qui évite à l’Eglise d‘être soit persécutée, soit réduite au silence, c’est l’existence d’un Etat, autonome dans son domaine, mais assez chrétien pour se concerter avec l’Eglise en vue du bien commun naturel et surnaturel de la société, en reconnaissant une primauté ecclésiastique en matière de religion et de morale. Mais un « Etat chrétien » est une notion abstraite et qui paraît bien vague. L’histoire de l’humanité depuis la venue du Christ, et spécialement l’histoire de France, répond à cette objection : un Etat chrétien, concrètement, cela veut dire un Prince chrétien.
Annoncer dans une société sans Dieu la royauté sociale de Notre Seigneur Jésus-Christ, ce n’est pas forcément préparer un coup d’Etat ni fomenter une révolte. C’est annoncer l’Evangile. Requête concrètement chimérique, politiquement irréalisable ? Peut-être pour longtemps. Mais ce n’est pas une raison pour la taire, et pour en détourner l’enseignement catholique. Ce n’est pas une raison pour cesser d’en faire une intention de prière. Ce n’est pas une raison pour laisser le peuple chrétien s’accoutumer à penser que l’essentiel et l’urgent sont ailleurs, et que la Vérité révélée est pour le moment inopportune. Et Jésus facultatif.
Etant supposé qu’on ne peut rien faire politiquement contre le règne légal des avortements en masse, il restait possible de convier les fidèles à des cérémonies de réparation. Les évêques français ont laissé ce soin à l’initiative privée du docteur Dor ; ou plutôt la plupart d’entre eux l’ont discrédité, condamné, méprisé, et sont demeurés installés dans leur silence sur l’avortement, à l’abri d’avoir tout de même murmuré jadis quelques chuchotements désapprobateurs d’un tel génocide. Il en va de même pour les défilés triomphalistes et la promotion juridique du prosélytisme homosexuel : il s‘étale et il s’impose sans provoquer aucune cérémonie de pénitence et de réparation, ni aucune mise au point d’une égale insistance.
En l’absence d’un prince chrétien, en présence d’un Etat « séparé », l’Eglise ne peut éviter la persécution (une persécution sournoise, discrète ou fracassante) que par un silence coupable. Le fameux concile Vatican II a consenti, dans son discours sur le monde de ce temps, à un total silence sur le communisme : il y avait trop de risque médiatique à en parler. Cet exemple déclaré aujourd’hui « non négociable » a été largement suivi et développé en tous domaines où la démocratie moderne a décrété ses dogmes intouchables. Depuis quarante ans, les seules mises en garde solennelles véritablement insistantes de l‘épiscopat français ont été contre les « intégristes » et contre l’« extrême droite », car il se sentait là en profonde complicité avec l’Etat « séparé ».
Le silence peut être apostasie. « Apostasie immanente », disait Maritain au lendemain de Vatican II. « Apostasie silencieuse », a dit le Pape.
JEAN MADIRAN
15:00 Publié dans Avenir de la France | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : règne social de ns jésus christ, apostasie
09.02.2009
Subordination politique et militaire de la France à l'euro-mondialisme
Abdication
Communiqué de presse de Bruno Gollnisch
L’installation –pour le moment symbolique- d’une force militaire allemande sur le territoire national, alors qu’aucune exigence de sécurité ne le justifie, n’a évidemment qu’un sens : celui d’une subordination toujours croissante de la France à l’Euro-mondialisme.
La réintégration au même moment de la France dans le commandement intégré de l’OTAN, est encore plus grave et plus claire.
Cette alliance était nécessaire à l’heure du danger soviétique et de la menace immédiate des millions d’hommes et des miliers de chars du Pacte de Varsovie. Aujourd’hui que ce danger a totalement disparu, l’OTAN n’a plus d’autre raison d’être que d’intégrer l’Europe sous domination américaine et mondialiste.
Ces deux mesures matérialisent le renoncement des autorités françaises à ce qu’elles ont pourtant la mission sacrée de sauvegarder : l’indépendance nationale.
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02.02.2009
Les décombres de l'enseignement
La période est propice aux réflexions. Alors même que de multiples certitudes idéologiques ont volé en éclats dans le domaine économique comme dans le champ politique, il est utile de prendre un peu de recul et de réfléchir , sans a priori et sans faire appel aux idées à la mode, aux grands problèmes qui se posent à notre pays.
Prenons par exemple le problème de la jeunesse et de l’Education. Il est clair que l’élément qui, depuis cinquante ans, conditionne toutes les données dans ce domaine et oblitère toutes les solutions qui ont été imaginées, est celui du nombre. L’Enseignement français était un des meilleurs du monde jusque dans le milieu du XXème siècle : on vantait son excellence lorsqu’il s’adressait à une petite minorité d’élèves. En 1900, trente mille jeunes seulement obtenaient le baccalauréat chaque année, en 1950, soixante mille environ. Conséquence de ce faible nombre d’élèves, le corps professoral réunissait un petit nombre d’enseignants, en général très respectés. A noter que les professeurs de lycées exerçant en 1900 ou même en 1950 étaient tous agrégés, alors qu’aujourd’hui, les rares agrégés sont concentrés dans les terminales ou les classes préparatoires. Tout a changé à partir de la Libération ( Plan Langevin-Wallon de 1945), époque à laquelle on a décrété, pour des raisons purement idéologiques, que « tous les élèves du primaire devaient entrer dans le secondaire », puis avec la Révolution de mai 68, où l’on a décidé que « tous les élèves du secondaire devaient avoir le bac ». Ces simples phrases transformaient de fond en comble l’Enseignement Secondaire. Au lieu d’être le lieu de formation d’une élite restreinte, l’Enseignement Secondaire est devenu un simple point de passage du plus grand nombre de jeunes vers l’Enseignement Supérieur. D’où la baisse du niveau qui en a résulté : le nombre des bacheliers à été multiplié par dix, mais pour parvenir à ce résultat on laisse passer tout le monde. Non seulement les redoublements n’existent presque plus, mais le niveau général des connaissances des élèves s’est considérablement abaissé. Tous les correcteurs au bac vous le dirons ( en privé ! ) : trop de bacheliers n’auraient pas dû obtenir ce diplôme. J’ai connu un professeur de faculté dans une discipline scientifique qui a transformé son cours de première année de licence en cours de rattrapage des connaissances essentielles !
Une révolution copernicienne
Un autre élément a abouti à ce résultat : la transformation du rôle du professeur. Celui-ci n’est plus le « maître » possédant et transmettant le savoir, installé sur une estrade surélevée en face de gamins ou d’adolescents ne connaissant rien, ou presque rien, des questions étudiées. Par une sorte de révolution copernicienne, on a remplacé le professeur, en tant que personnage central de la classe, par les élèves. Les personnages les plus importants, ce sont ceux qui ne savent rien ! Quand au professeur, il devient une sorte d’animateur, chargé de faire découvrir les richesses ( ? ) venant des élèves. Cette transformation, inspirée visiblement par la Révolution Culturelle du Président Mao, modifie complètement les rapports entre l’enseignant et les élèves. Non seulement les matières enseignées n’ont plus qu’une importance relative, mais en outre le respect qu’on doit tout naturellement au détenteur du savoir n’a plus à être
porté à une sorte de moniteur de colonie de vacances, voire à un copain ! Certains professeurs plus ou moins gauchistes ont d’ailleurs accepté de se faire tutoyer par les élèves…
Influences néfastes…
Je sais que ce que je vais écrire n’est pas à la mode, mais parmi les influences néfastes qui ont conduit à cette situation désastreuse il faut citer, sinon celle de Sigmund Freund lui-même, du moins celle de certains de ses adeptes. A force de nous dire que les maladies mentales des adultes proviennent des mauvais traitements subis par eux quand ils étaient enfants ( et on range parmi les mauvais traitements les simples fessées !), on a fini par penser que moins les parents exercent leur autorité, mieux cela vaut pour les enfants. Funeste erreur, dont on commence à revenir… A noter que celle-ci rejoint l’erreur de Jean-Jacques Rousseau, qui prétendait que l’homme était né bon et que c’était la Société qui le pervertissait ! On voit bien que Jean-Jacques n’a eu ni enfants ni petits-enfants ! Comme le dit Jean-Claude Barreau dans un interview publié récemment dans « Valeurs Actuelles » : « La plupart des jeunes, à cause de nous, sont des « sans » : sans repère, sans travail, sans convictions et sans héros » ! Et il ajoute : « Contrairement à ce qu’on dit souvent, les jeunes n’ont pas tellement besoin qu’on les écoute : ils ont surtout besoin d’adultes qui leur montrent le chemin, qui tiennent leur rôle d’éducateurs au lieu de jouer aux copains… Or les adultes ont renoncé à se poser en modèles. »
Elèves d’origine diverses
Le problème est d’autant plus grave que, dans les grandes agglomérations et leurs banlieues, beaucoup d’ élèves ne sont plus sortis du même moule culturel. D’où une double conséquence : d’une part, certains parents ne peuvent aider leurs rejetons à faire leur devoirs, mais surtout ces origines diverses interdisent aux instituteurs et professeurs d’utiliser les larges plages de non-dits découlant de la culture ambiante, celle qu’on acquiert tout bébé dans sa famille : l’univers traditionnel des comptines, les légendes et des chansons, qui transmet sans bruit toute notre civilisation. Pensons, par exemple, à toute la richesse historique et culturelle que véhicule la légende de Saint-Nicolas, si prisée dans le nord et l’est de la France ! Je doute que la télévision, qui aux yeux de trop d’enseignants, remplace le monde extérieur, remplisse avec succès ce rôle de transmetteur de la culture nationale. Trop d’influences idéologiques pernicieuses limitent ce rôle irremplaçable.
Le remplacement des livres par Internet
Je viens de citer le rôle de la Télévision, mais que dire du rôle d’Internet ? Tous les parents et grands-parents d’enfants et d’adolescents de moins de vingt ans vous le dirons. Alors que le livre a été, depuis cinq cent ans, le véhicule de la civilisation, les enfants et adolescents de cette génération ne lisent plus. Ils pianotent sur Internet. Ils y sont poussés, non seulement par la mode, cette dictature silencieuse, mais aussi par l’école ou le lycée dont ils font partie. C’est même en général dans cette école ou ce lycée qu’ils ont appris à se servir d’un ordinateur. Et c’est là qu’on leur apprend à chercher les informations nécessaires à leurs devoirs en « surfant » sur Internet. Quand donc se rendra-t-on compte qu’il y a là une lourde faute contre la réflexion libre, indispensable à la formation de l’esprit ?
Georges Rousseau
12:00 Publié dans Avenir de la France | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : enseignement français
26.01.2009
Marche provie: silence des médias et absence totale d'évêques...
Plus encore que l’an dernier, les gros médias officiels ont choisi de faire un silence quasi total autour de la grande Marche pour la défense de la Vie, malgré une mobilisation toujours plus impressionnante par sa jeunesse, ses effectifs et son dynamisme. C’est le négationnisme médiatique : l’« exculturation » arbitraire du respect de la Vie par les suppôts de la culture de mort. Seule une indigente dépêche de l’AFP mentionne fielleusement selon un procédé éculé de désinformation : « Quelques milliers de personnes – 2 800 selon police, 15 à 20 000 pour les organisateurs – ont défilé dimanche à Paris contre l’avortement et l’euthanasie en France et en Europe, à l’appel du collectif “En marche pour la vie”, réunissant une douzaine d’associations. » On appréciera cette précision charlatanesque des 800 – pourquoi pas 2 827 ? – pour une foule qui aurait rempli plusieurs fois la nef de Notre-Dame !
Cette cinquième édition de la Marche avait pourtant une forte dimension européenne : des défenseurs du respect de la Vie d’une dizaine de pays d’Europe se sont joints aux pèlerins de la Vie français, avec notamment d’importantes délégations belge, italienne et, pour la première fois, irlandaise. « L’Europe fait fausse route dans sa tendance à vouloir aligner la législation sur celles qui sont les plus pernicieuses en Europe », a déclaré Paul Ginoux Defermon, porte-parole du Collectif en dénonçant les « pressions » faites sur l’Irlande, la Pologne et Malte. C’est à l’inverse vers une réelle protection de l’enfant à naître, à l’exemple de ces pays, qu’il faudrait aligner, « vers le haut », les législations des divers pays européens. Cécile Edel, la présidente de Choisir la Vie, a ainsi appelé l’Europe à « revenir à ses valeurs de justice pour tous et d’égalité devant la loi, en abolissant enfin l’avortement dans 27 pays de l’Union européenne. L’expérience de l’avortement légal est un échec tragique : en France, c’est presque un enfant sur quatre qui meurt par avortement ».
Si une petite vingtaine d’évêques (contre six ou sept l’an dernier) soutenaient la manifestation, aucun malheureusement n’était là physiquement (comme aux Etats-Unis, en Espagne ou en Italie) pour bénir cette croisade pour la vie et la famille, apporter significativement le soutien du pouvoir spirituel à ce combat crucial contre la culture de mort. Donner à bon escient la dimension eschatologique et prophétique de ce combat vital de légitime défense – car nous appartenons à « un parti d’opposition qui s’appelle la vie » (selon le mot de Balzac) ! Et sans doute permettre à cette protestation publique le « saut quantitatif et qualitatif brusque » dont elle a besoin pour faire fléchir les Créon ou les Hérode qui nous gouvernent. Jean-Marie Le Pen le disait l’an dernier : « Seule une forte mobilisation est susceptible d’ouvrir les yeux et les cœurs des autorités civiles (...), et de préparer la voie à une nécessaire politique de soutien à la vie, qui donnerait son sens à une authentique “politique de civilisation” et de redressement national. »
Nous sommes donc toujours à l’heure de la tragique « exculturation » politico-médiatique du respect de la Vie, à cause notamment de la mollesse des autorités morales et religieuses, de la trahison des clers et des politiques, victimes du « moralement correct » et de son nouvel ordre laïciste, faisant de la vie une « option ». Or, quand la vérité devient ainsi optionnelle, elle ne tarde pas être occultée, voire interdite ! Mais, même aussi injustement ignorés par le pays légal, nous existons bel et bien dans le pays réel, par l’importance et la jeunesse de ce défilé croissant chaque année.
Une ancedote pour conclure, relatée par le Salon beige. Un léger incident : des personnes âgées d’environ 70 ans insultent les marcheurs et leur font des bras d’honneur et autres amabilités. Les marcheurs pour la vie leur répondent avec de grand sourires, des baisers et des chants : « L’image est saisissante et tellement révélatrice des temps qui changent. La jeunesse est là et défend la Vie. Il y a beaucoup de familles et poussettes parmi les manifestants… »
REMI FONTAINE
PS: si les évêques français ne se déplacent pas physiquement pour une telle occasion, en revanche il y en a qui se déplacent pour saluer le Dalaï Lama ...
12:13 Publié dans Avenir de la France | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : épiscopat, marche provie, culture de mort
Marche pour la Vie
L'édition 2009 de la Marche pour la Vie a une nouvelle fois été un franc succès.
A l'appel du collectif « 30 ans ça suffit ! En marche pour la Vie ! » 15 000 à 20 000 personnes, selon les organisateurs, ont défilé cet après-midi de la République à la Bastille.
Pour visualiser le reportage vidéo réalisé par « Catholiques en Campagne », cliquer sur le lien ci-dessous :
http://www.catholiques-en-campagne.fr/content/view/145/47...
10:03 Publié dans Avenir de la France | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : marche provie
18.01.2009
Nos politiques feraient bien de s'inspirer de Saint Augustin...
La chimère contractualiste moderne a mené les hommes dans l’impasse individualiste, postulant l’existence d’hommes libres et indépendants réunis pour leurs seuls intérêts. Voilà qui donne une image bien utilitariste de la société, dans laquelle la volonté est autonome et toute puissante, faisant de la réalisation des plaisirs et désirs le seul objet d’une société.
Dans La Cité de Dieu, Saint Augustin nous donne une autre définition du peuple : “le peuple est une réunion d’êtres raisonnables qui s’unissent afin de jouir paisiblement ensemble de ce qu’ils aiment”. L’amour est alors le lien social essentiel d’une telle société, il définit le rapport des hommes entre eux. C’est bien l’amour qui doit être à la source de toute action politique : l’amour du pays, l’amour des siens, l’amour de son peuple.
La démocratie représentative nous a appris à définir la politique comme un ensemble de batailles entre différents hommes ou partis, une lutte acharnée pour acquérir le pouvoir et l’exercer. N’ayant comme seule ambition que de satisfaire leurs intérêts personnels ou d’imposer leur vision du monde au peuple, les hommes politiques républicains n’acquièrent leur fonction que par la haine : celle d’autrui ou celle de certaines idées. L’homme devient tel un loup pour l’homme et s’accroit ce qu’on pourrait appeler une certaine haine de soi française qui prend ses sources dans la Révolution.
Saint Augustin, quant à lui, précise qu’il doit en être tout autrement d’un homme exerçant un pouvoir ou une responsabilité au sein de la société : “ceux-là y commandent qui ont soin des autres”, et “ceux qui commandent servent ceux à qui ils semblent commander ; car ils commandent, non par un esprit de domination, mais par un esprit de charité”. C’est là le véritable rôle du politique, du ministre au sens étymologique du terme (le serviteur). Car notre combat politique n’est pas qu’une contestation ou qu’une destruction du système actuel : il s’agit d’aimer les Français, de proposer des solutions pour apporter le bien commun et de défendre un héritage qui nous est précieux. Car “le droit du Prince nait du besoin du peuple”, le Roi sera au service de la France et des Français.
15:14 Publié dans Avenir de la France | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : politique française



