26.06.2009

Etats-généraux de la bioéthique

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Dynamique de groupes

 

Un colloque a clos, mardi, à Paris, les « états généraux de la bioéthique » où les citoyens lambda étaient invités à donner leur avis sur des sujets aussi disparates, voire techniques, que le don d’organes, les fécondations in vitro et le don anonyme, ou non, de gamètes, la recherche sur l’embryon humain et le diagnostic prénatal. Le rapporteur, Alain Graf, n’avait pas eu le temps de faire une synthèse des trois réunions de Marseille, Rennes et Strasbourg où des panels dits « représentatifs » de 16 personnes avaient été constitués en jurys pour trancher ces questions et présenter à l’Assemblée et au Sénat un travail prémâché, voire irrécusable.

En revanche, avec Roselyne Bachelot et Jean Leonetti (de la loi « fin de vie »), Alain Graf s’est longuement étendu sur la « démocratie participative » qui caractérise ce débat et qui fera des nouvelles lois bioéthiques le fruit d’un vrai consensus. Vraiment ? Non, bien sûr : acquérir l’adhésion d’un public ignorant ou manipulé pour faire apparaître les mesures discutables comme l’expression de la volonté du plus grand nombre, c’est le b.a.-ba de la dynamique des groupes, le ressort caché de bien des innovations catastrophiques (comme en matière de pédagogie) et de bouleversements sans précédent : voyez la « gouvernance mondiale ».

Michel Villette, qui commente longuement et très pertinemment cette affaire sur son site, lunivers.info, relève d’ailleurs à propos des « techniques de groupe » : « L’un des organisateurs, m’ayant vu aux trois forums, me prit pour un homme du sérail et me confia lors de la pause du colloque, en s’en réjouissant, qu’ils avaient pratiqué ces techniques avec les jurés. »

Parmi les propositions « citoyennes » (les guillemets sont de rigueur), on pourra certes se réjouir de voir la pratique des mères porteuses rejetée, tout comme l’assistance médicale à la procréation pour les couples homosexuels. En réalité, ces quelques garde-fous servent de paravents derrière lesquels se glissent de nouvelles avancées de la culture de mort : recommandation de la possibilité d’adoption pour ces couples, sacralisation du principe du projet parental puisque les embryons conservés qui en seraient dépourvus pourraient faire l’objet de recherches, refusées pour les « embryons à naître », etc.

On a beaucoup parlé de la gratuité du don : cellules reproductrices, organes prélevés en état de mort cérébrale, ce qui a permis de passer totalement sous silence les questions éthiques graves qui se posent à propos des dons eux-mêmes.

Mais c’est le mouvement qui compte, Sarkozy l’a dit lundi ! Si bien qu’un Jean Leonetti a pu déclarer aux jurés : « La question n’est pas de savoir où est le vrai ou le faux… Ne pas tenir compte de vos avis serait une faute… Le rapport des états généraux primera tous les autres rapports (…), y compris celui déjà rendu du Conseil d’Etat. » Celui-ci se montrant trop « conservateur », peut-être ?

Michel Villette, qui assistait donc au colloque, relève l’heureuse intervention du sénateur PS Alain Claeys qui réagit fermement pour souligner qu’on ne se forme pas en quelques mois à la bioéthique, voire « en deux week-ends » comme les membres des jurys, et qui demanda que l’on reconnaisse la primauté du Parlement quand il s’agit de voter les lois et définir leur contenu.

Peut-on être sûr que le Parlement respecte mieux la vie que ces « forums citoyens » ? Non, sans doute, mais du moins n’est-on pas en présence d’une prise de pouvoir de ceux qui savent si bien diriger les « débats citoyens » et aboutir exactement là où ils veulent aller dans une illusion de démocratie.

La démocratie parlementaire n’est pas garante de vérité, l’illusion démocratique est plus nocive encore en ce qu’elle fait davantage porter par « le peuple » la responsabilité de décisions qui déshumanisent l’homme.

Michel Villette se demande, à la fin  de son commentaire, s’il faut continuer à « valoriser » cette véritable révolution en participant au « débat » : « Une dictature, cela se combat. Le dialogue est impossible avec une dictature. » C’est la critique qu’on peut adresser à la démarche de Mgr d’Ornellas qui, au nom de l’Eglise, s’est engagé dans ce « dialogue ».

Mais il est urgent de soutenir toutes les initiatives – celles d’évêques, d’associations comme l’Alliance pour les droits de la vie, celles des « espaces anthropo-éthiques régionaux » créés grâce à l’action de Michel Villette – pour éduquer à la vérité, la faire connaître et la défendre.

JEANNE SMITS

 

10.02.2009

Bioéthique: l' épiscopat laisse les mains libres aux franc-maçons ...

BIOETHIQUE » : le nouveau leurre des Etats généraux

 

« Comment les chrétiens peuvent-ils faire entendre leurs voix [à l’occasion de cette « chance » des états généraux de la bioéthique] ? » C’est le théologien Xavier Lacroix, mandaté par l’Eglise au Comité consultatif national d‘éthique, qui nous le redit (dans Famille chrétienne) après les évêques : « En faisant appel à l’intelligence et à la raison, et non à des arguments de foi ou d’autorité (...). Le risque à éviter est justement d‘être enfermés dans nos positions confessionnelles. » Et le journaliste de l’hebdomadaire renchérit : « Les chrétiens ne défendront pas leur boutique. Ils auront à cœur de servir l’homme. » Comme si la « boutique » (sic) des chrétiens n‘était pas d‘être toujours et partout, naturellement et surnaturellement, au service de l’homme par son « communautarisme » universel !

Il y a dans cette dialectisation entre foi et raison (opposant ou séparant plus que distinguant dans une juste coopération) la cause principale du sécularisme sournois qui a envahi l’Eglise. Sans même parler de l’« IVG », on a vu au reste ce qu’a donné cette stratégie maligne au sein du Comité d‘éthique, avec un (futur Mgr) Bruguès votant carrément l’exception d’euthanasie au nom d’une « éthique séculière » (cf. Livre noir et blanc des évêques de France, p. 159). Merci la caution « catho » !

Samuel Pruvot ajoute : « Devant les responsables politiques, l’Eglise ne brandit pas son Credo (ce qui lui évite en passant d‘être taxée de communautariste). Elle fait simplement appel à l’intelligence. » On voit le résultat : lorsqu’on ne veut pas précisément appuyer le naturel par le surnaturel, c’est le naturel qui se plie à l’arbitraire. Il faut bien sûr faire appel à la raison et dialoguer autant que possible scientifiquement ET philosophiquement. A condition précisément de ne pas s’interdire de le faire aussi philosophiquement ET théologiquement (c’est tout le discours de Ratisbonne). Sans édifier ce mur artificiel entre naturel et surnaturel, au point même de parler d‘éthique « étroitement » confessionnelle (Mgr Ricard). Comme si la loi d’Amour était inférieure à la loi (morale) naturelle !

Le futur (cardinal ?) Mgr Bruguès avait d’ailleurs ainsi assumé cette logique moderniste de la séparation et du passage transgressif de la morale naturelle à l‘éthique séculière : « Le seul argument décisif que l’on peut opposer à l’euthanasie est d’ordre religieux » et « dans une société sécularisée, il est impossible d’imposer ce point de vue ». Fermez le ban ! Comme s’il était exclu, d’une part, de faire valoir ce point de vue, faute de l’imposer. Et comme si, d’autre part, ce point de vue religieux n‘était pas là pour éclairer le point de vue de la loi (morale) naturelle accessible à la raison commune. Une fois le surnaturel ainsi arbitrairement « ôté », comme disait Chesterton, on saisit bien que le naturel (privé de la Révélation) ne peut que s’incliner devant l’argument séculariste, servant misérablement de caution démocratique : « Il nous faut accepter que l‘éthique chrétienne ne soit plus à elle seule celle qui soutient et anime l‘éthique de la société », a osé dire Mgr Dubost à l’occasion de l’affaire du Téléthon.

L’exemple du Pr Lejeune

Halte au sang, Messeigneurs ! A l’instar du Comité(-Panthéon) d‘éthique, il est évident que les états généraux de la bioéthique serviront à contourner à loisir les règles de la morale naturelle et divine. Car ces règles sont tout à fait simples : une vie humaine innocente (a fortiori celle d’un enfant) est sacrée. On n’a pas le droit de la manipuler, ni de jouer avec. On doit la protéger et l’aider à s‘épanouir, contrairement à la logique de la loi Chirac-Veil, contre laquelle vous n’avez pas voulu réagir (là non plus) en tant qu’hommes de Dieu. C’est tout : – Non licet ! C’est exactement ce que disait le professeur Jérôme Lejeune à la création du Comité d‘éthique, dans Présent du 14 décembre 1983 : « Ce Comité est manifestement créé pour essayer de donner une bonne conscience officielle à des scientifiques qui font des choses dont ils pensent véritablement qu’elles offensent la morale. »

Et le premier président du Comité, le Pr Jean Bernard confirmait : « Les sciences nouvelles suscitent des essais thérapeutiques moralement nécessaires et nécessairement immoraux », ajoutant, pour ériger cette ambiguïté en dogme, qu’« au nouveau pouvoir de la science correspondent de nouveaux devoirs de l’homme »... Alors, Messeigneurs, ne tombez pas une nouvelle fois dans ce piège tendu de la laïcité positive. Il y a eu assez de victimes par connivence de la « caution catho ». Nous sommes ici au niveau des principes non négociables de Benoît XVI et dans un combat d’ordre eschatologique et prophétique, comme le répète le Dr Dor. L’appel à l’intelligence n’empêche pas la légitime dissidence (sur)naturelle, moralement salutaire et missionnaire, pour ne pas sacrifier aux nouvelles idoles du temps présent.

REMI FONTAINE

05.02.2009

Comment faire accepter les nouvelles lois bioéthiques par le peuple ?...

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« Bioéthique » : c’est parti

Pour obtenir l’adhésion populaire ?

 

Démocratie et citoyenneté pourraient être les noms des marraines choisies par l’Etat pour présider à la prochaine révision des lois bioéthiques. Faire s’exprimer le peuple, recueillir ses sentiments, le rendre acteur dans le processus de production des règles « éthiques »… N’est-ce pas que c’est joli ? En lançant les états généraux de la bioéthique qui rendront accessible ce grand débat à tout un chacun, Roselyne Bachelot a d’ailleurs déclaré, mercredi : « J’ai pu observer que ces sujets qui pourraient apparaître techniques passionnent les citoyens. »

C’est même le grand problème. L’Agence de biomédecine ou l’Office parlementaire d’évaluation des choix scientifiques et technologiques se sont déjà exprimés en vue de la révision des lois, en plaidant notamment pour toujours plus de libertés pour les chercheurs, y compris pour faire multiplier les recherches destructrices pour l’embryon. Mais le citoyen lambda conserve un mouvement de recul face aux techniques qui lui rappellent les aspects les plus inquiétants des romans d’anticipation. C’est tout un environnement culturel qu’il s’agit de bouleverser !

A cette fin, la technique de l’appel au peuple est finalement bien utile. Construire une nouvelle loi sur un évident « consensus », fruit d’une large consultation qui finit par engager ceux qui y participent et les faire adhérer aux conclusions affichées, c’est aussi user de manipulations psychologiques bien connues.

Pour autant les états généraux de la bioéthique peuvent être l’occasion de faire entendre fortement la voix de la culture de vie sur des sujets cruciaux comme la recherche sur l’embryon humain et les cellules souches, le diagnostic prénatal et préimplantatoire, l’assistance médicale à la procréation (faut-il en accorder le bénéfice aux célibataires et aux couples homosexuels ?) et, indirectement, la pratique des mères porteuses, les greffes d’organes et la médecine prédictive (sélection d’embryons selon leurs caractéristiques génétiques, notamment). Autant de domaines où les garde-fous de la loi naturelle sont déjà bien ébranlés.

Dès le 16 février, tous pourront contribuer au débat en allant sur le site www.etatsgenerauxdelabioethique.fr ; trois forums publics, à Marseille le 9 juin, à Rennes le 11 juin et à Strasbourg le 16 juin seront consacrés à une partie des chapitres du projet de texte ; le 23 juin, à Paris, c’est Nicolas Sarkozy qui présidera un colloque national à la Maison de la Chimie.

Mais gare à celui qui oserait arriver au débat avec un principe simple, comme « Tu ne tueras pas ». Le « pilote » des états généraux, Jean Leonetti, a souligné que leur objectif n’était pas d’organiser « un débat simpliste et populiste, mais au contraire complexe et populaire ».

L’Eglise de France a-t-elle entendu cet appel ? Le groupe épiscopal de travail sur la question, présidé par Mgr Pierre d’Ornellas, sortait ce jeudi son livre, Bioéthique : propos pour un dialogue, tandis que son site d’information, www.bioethique.catholique.org fonctionne depuis mercredi. Avec toujours le « dialogue » pour maître-mot. On y trouve beaucoup de bonnes choses et des rappels utiles ; on reste tout de même sur sa faim devant le ton souvent onctueux et l’absence de rappels suffisamment clairs, sur l’opposition de l’Eglise à toute procréation artificielle, par exemple. Mais le site devrait s’étoffer.

INTER

A l’Espace Bernanos

J’assistais, mercredi soir, à un débat organisé par Liberté politique sur le thème : « Pourquoi l’Eglise de France semble si peu mobilisée sur l’avortement », avec Thierry Boutet, Tugdual Derville (Alliance pour les droits de la vie) et un prêtre de la paroisse Saint-Louis d’Antin. On posa la question : comment l’Eglise peut-elle être crédible dans le débat sur la bioéthique alors qu’elle s’est si peu fait entendre lors de celui qui a précédé la loi Veil ? Réponse (en substance) : l’Eglise ne peut changer de stratégie d’un seul coup, elle doit faire les choses progressivement, elle doit s’affirmer pour le respect de l’embryon mais prêcher avant tout la miséricorde pour ne pas heurter de front les quelque 40% de Françaises qui ont avorté, de peur de les blesser, voire de les pousser au suicide.

L’abbé de la paroisse Saint-Louis souligna que jamais Jésus n’avait dit « Vous n’avez pas le droit de… » (et les marchands du temple ? et ceux qui scandalisent l’un de ces petits ?). Magnifiquement impliqué dans le combat pour sauver les enfants à naître, il n’en déclara pas moins qu’il n’appartient pas aux hommes d’Eglise de donner des règles à une société incapable de les comprendre, puisque même les jeunes des écoles catholiques ne savent plus citer les Dix commandements. (Tiens, à qui la faute ?) On déplora cependant la longue absence de parole audible de l’Eglise de France sur l’avortement, au motif que d’autres l’avaient prise, de manière moins acceptable. Ceux qui disent : « Avorter, c’est tuer », par exemple ?

Le point positif du débat, c’était certes la belle affirmation de la culture de vie et la reconnaissance qu’un problème existe, qui a donné naissance à un horrible « secret de famille » au niveau du pays. Mais à côté de cela, quelle mollesse de pensée et d’expression, au nom de la miséricorde qu’il faut (effectivement) prêcher. N’est-ce pas la vérité qui nous rendra libres ?

JEANNE SMITS

26.06.2008

Mères porteuses: le Sénat dit "oui"

 

 

Le groupe de travail du Sénat sur la « maternité pour autrui » a donc proposé de légaliser dans un cadre strict la pratique de la mère porteuse. Son rapport, publié mercredi, laisse augurer l’adoption d’une loi dans le cadre de la révision des lois bioéthiques dès 2009. La nouvelle peut surprendre ceux qui avaient encore des sénateurs une image surannée de vieux sages conservateurs. Mais leur argument principal est d’une ringardise affligeante et récurrente en matière de promotion de la culture de mort. En substance : si l’on ne légalise pas la pratique en France, les couples iront chercher des mères porteuses ailleurs, cela privilégiera les plus riches et n’offre pas assez de garanties…

« On voit bien aujourd’hui qu’autour de nous les choses évoluent. Si on regarde l’Union européenne, la Grande-Bretagne, la Grèce ont légiféré dans le sens d’encadrer pour éviter la marchandisation – c’est-à-dire l’argent et le fait que les plus riches peuvent avoir accès à des techniques de cette nature et exclure les autres », a commenté Michèle André, présidente socialiste du groupe de travail. Ce genre d’argument a l’avantage de couper court à toute réflexion, à tout jugement de valeur.

Voyons donc le « cadre » proposé par les sénateurs. Pour la mère porteuse, pas de rémunération : juste un « dédommagement raisonnable » pour les frais non pris en charge par la Sécurité sociale. (Mais oui, c’est le contribuable et l’assuré social qui paieraient le gros de la note.) Le juge serait amené à évaluer son caractère « raisonnable » en autorisant, au cas par cas, l’implantation embryonnaire dans l’utérus de substitution. Le recours à la mère porteuse ne serait pas autorisé aux couples homosexuels. Une mère ne pourrait pas porter un enfant pour sa fille (une sœur pour sa sœur, si) ; la mère porteuse aurait droit au « repentir » dans les trois jours de la naissance. Les candidats – couple demandeur et mère de substitution limitée à deux grossesses pour autrui – devraient, selon le groupe de travail du Sénat, passer devant une commission d’agrément placée sous l’égide de l’agence de bio-médecine, qui « encadre » déjà la recherche sur l’embryon. La mère porteuse prendrait toute décision concernant sa grossesse (y compris celle, éventuellement, d’avorter ?) tandis que le couple commanditaire ne pourrait refuser l’enfant défectueux.

L’une des originalités les plus marquantes consistera, si les vœux du groupe de travail sont suivis d’effet, à interdire à la mère porteuse d’être la mère génétique de l’enfant, ce qui n’est pas le cas dans les pays où l’on « achète » déjà son utérus de location : la Californie, l’Ukraine, l’Inde… Autrement dit : pas d’insémination artificielle, mais fécondation in vitro avec le sperme du mari (ou d’un tiers) et les ovules ponctionnés chez la future mère (?) ou chez une donneuse. C’est une manière sûre de noyer l’enfant à naître dans la confusion.

L’Alliance pour les droits de la vie, le Forum des républicains sociaux, et même Dominique Quinio dans La Croix ont justement et fortement critiqué la proposition sénatoriale qui chosifie l’enfant et nie la relation entre la mère et l’enfant qu’elle porte.

A ces critiques, nous ajouterons des questions. Aujourd’hui, l’accouchement sous X est contesté parce qu’il ne permet pas à l’enfant né ainsi de retrouver ses origines. Dans le même temps, on autorise les fécondations artificielles avec donneurs anonymes. Aujourd’hui, le fait d’« abandonner » son nouveau-né (le confier à l’adoption) est moins bien vu que d’avorter : c’est le sens d’une résolution, il y a quelques jours, de l’Assemblée parlementaire du Conseil de l’Europe qui dénonce les abandons en plaidant pour le droit des femmes à la « santé reproductive ». Aujourd’hui on veut légaliser la pratique des mères porteuses, réponse purement sentimentale à un problème d’infertilité, alors que l’on refuse l’adoption avant la naissance, et que plus de 200 000 enfants conçus sont avortés chaque année.

Mais c’est dans la parfaite logique de ceux qui veulent dissocier la mère de l’enfant, la procréation de l’amour, et l’homme de sa dignité propre d’être créé à l’image de Dieu, et à sa ressemblance.

JEANNE SMITS