20.10.2009

Non au désarmement nucléaire de la France

 

Depuis la possession partagée des armements nucléaires, les « Grandes guerres » opposant les combattants par millions et les armes lourdes par centaines de milliers relèvent, fort heureusement, de l’Histoire.

 

Cependant, les impérialismes demeurent et les industries d’armement leurs fournissent les moyens matériels du combat, mais un combat figé bien avant de monter aux extrêmes de la violence de crainte de basculer dans l’horreur nucléaire.

Mais, cette arme de terreur contenue est également celle qui confère une certaine indépendance à la nation qui la détient. Elle libère des servitudes d’une alliance militaire et de la subordination aux puissances se disant capables d’assurer leur sécurité comme celle de leurs alliés. Au fur et à mesure qu’a augmenté le nombre des nations détenant ce pouvoir d’intimidation,  a diminué l’étendue de la capacité d’hégémonie des puissants. Aussi ceux-ci commencent-ils à se rebeller. C’est le cas des Etats-Unis pour le monde et de l’Allemagne pour le continent européen. Ils se rebellent contre la paix par l’atome car celle-ci leur interdit de mener d’ambitieuses politiques dans certaines zones du monde qu’ils auraient pu subjuguer par la guerre…

Déjà, en 2007, un groupe de personnalités politiques américaines avait milité pour un monde sans l’atome militarisé. C’étaient :Henri   Kissinger, George Schulz , William Perry et Sam Nunn.



Logique était leur démarche : comptant quelque 300 millions d’habitants disposant, et de loin, de la plus puissante des industries d’armements classiques, entourés de voisins peu belliqueux, les Etats-Unis seraient en mesure à la fois d’assurer leur sécurité et de combattre victorieusement, à distance de leur territoire, contre des nations dont ils n’auraient pas à redouter qu’elles recourent à l’atome. Au cours de leurs négociations, durant les années 80, Ronald Reagan et Mikhaïl Gorbatchev avaient traité du renoncement mondial –et d’abord du leur  – à l’atome militarisé.

 

C’est que la Russie, comme les Etats-Unis étaient formidablement armés et disposaient à l’époque d’une population relativement nombreuse. Moscou oubliait que l’atome avait conduit le général De Gaulle à faire sortir la France de l’OTAN. Si, a contrario, Washington fustigeait le pouvoir destructeur des alliances illustré par la politique d’indépendance du général De Gaulle.

Mais, pour les quatre experts en stratégie cités plus haut, dans un monde sans l’atome militarisé, les Etats-Unis seraient libres de mener une politique d’extension de la démocratie sans rencontrer l’obstacle des autocraties  nucléairement armées.

Mais voici, deux ans plus tard, que d’importantes personnalités allemandes ( Egon Bahr et Hans-Dietrich Genscher)  enton
nent le même lied.


Ils réclament un monde sans atome militarisé. Pour l’Allemagne la démarche est d’autant plus pertinente qu’en raison du bellicisme allemand et de la barbarie dont ce peuple s’est rendu coupable, les Alliés vainqueurs lui ont fermé l’accès à l’atome.

Si la démarche des Quatre précités était suivie, l’Allemagne se trouverait quant aux rapports de force, sur le même plan que les puissances ex-nucléaires et un des témoignages de ses défaites n’existerait plus. H. Dietrich Genscher, ministre des Affaires étrangères du chancelier Kohl, en agençant la dislocation de la Yougoslavie, avait déjà contribué à effacer une construction politique sanctionnant la victoire des Alliés.

La même mission est, ainsi, poursuivie. Genscher sait parfaitement que si la Yougoslavie n’avait eu que l’embryon d’une panoplie atomique, elle eût été respectée et la mise à feu et à sang des Balkans n’eût pas été possible. Reste, aujourd’hui, la France.

 

En dépit de ses faiblesses, grâce à l’atome militarisé qu’elle possède encore, elle est stratégiquement, intimidante contrant l’intérêt de l’Allemagne, et du rôle qu’elle entend jouer en Europe.

 

Un monde sans atome, une France sans atome, redonnerait à l’Allemagne, à son industrie lourde et au bellicisme naturel de sa population, la supériorité qu’elle recherche à tout prix…

A son tour, dans un rapport de forces classiques elle redeviendrait intimidante et la France devrait en passer pas ses volontés. Il est significatif que parmi les mesures de désarmement proposées par les Quatre,  figure la destruction des armes nucléaires à court rayon d’action. Elles ont pour avantage d’interdire les fortes concentrations de forces classiques par trop vulnérables au feu nucléaire à courte portée, forme de guerre classique que les Allemands ont pratiquée au cours des deux guerres mondiales qu’ils avaient déclenchées.

Ainsi, les deux puissances possédant chacune une forte industrie lourde et ayant un recours à la guerre pour atteindre les objectifs de leur politique extérieure respective, se rejoignent dans la même opposition au présent statu quo nucléaire. Serait-ce pour ouvrir la voie aux « Grandes guerres » du passé ?

Les Quatre politiques allemands ont donc signé un manifeste qui se veut aguicheur : … « Aucun problème global ne peut être résolu par l’emploi de la force militaire », écrirent-ils, eux dont le pays qui, durant près d’un siècle et demi n’a résolu ses « problèmes » que par la guerre. Pourquoi ne pas continuer ?

Général Pierre Marie Gallois

 

22.08.2009

Gaudin demande à Morin d'arrêter les entraînements par temps chaud...

Monsieur Jean-Claude GAUDIN a déclaré, je cite : "Je ne pense pas que ce soit utile de faire des exercices militaires avec 32° de chaleur et avec du vent".

En Afghanistan la température à KABOUL est de 32° C et le vent souffle à 30 km/h et à KANDAHAR la température est de 41° C et le vent souffle à 25 km/h. L'effectif français est de près de 3.700 hommes.

En Cote d'Ivoire, la température est voisine des 30° C et nous avons un effectif de 950 hommes· Au Tchad la température voisine avec les 38° C et nous avons 1200 hommes engagés· En Centre Afrique la température atteint les 35° C et nous avons 1600 hommes· Au Liban 1500 hommes et la température atteint les 34° C· Au Kosovo nous avons 1500 hommes et une température voisine des 35° C Monsieur Jean-Claude GAUDIN, soyez sérieux et allez dire à ces 10.000 hommes engagés en OPEX que l'entraînement avec une température de 32° C est inutile. Les militaires précités ne sont pas en vacances d'été sur la côte, eux ...

Plus facile de boire le "pastaga" à l'ombre , de chercher à récupérer les voix des électeurs à tout prix plutôt que d'aller au combat sous le diktat d'incapables !

25.07.2009

Faillite de la France: Sarkozy vend nos satellites militaires !

Selon le site du quotidien économique “Les Echos”, le gouvernement serait en train d’étudier la vente des satellites du système Syracuse (pour SYstème de RAdioCommunication Utilisant un SatellitE), qui assure notamment l’ensemble des communications sécurisées entre la France et les différentes unités déployés sur un théâtre d’opération extérieure et les bâtiments de la Marine nationale. Il constitue un élément essentiel à la conduite des opérations militaires, tant au niveau du commandement, de la coordination et du renseignement.
Le programme Syracuse, lancé à l’origine en 1980, comptait 3 satellites Telecom I dont l’utilisation était partagée entre France Telecom et le ministère de la Défense. La version II du système reposait sur l’utilisation de 4 satellites Telecom 2, dont 2 étaient partagés avec l’opérateur historique de télécommunications. Le dernier satellite, le Telecom 2D, sera retiré du service en 2010.

Enfin, le programme Syracuse III, qui a débuté en novembre 1999, s’appuie sur deux satellites de télécommunications dits de troisième génération, appelés Syracuse 3A et 3B, le dernier ayant été mis sur orbite géostationnaire en août 2006, soit un peu moins d’un an après son clone.

A la différence de leurs prédécesseurs, les satellites 3A et 3B, développés par Alcatel Alenia Space, permettent d’établir des communications non seulement à haut débit mais également sécurisées. Le projet “Athéna Fidus” vise à compléter ce système avec un troisième satellite, développé en collaboration avec l’Italie, qui devrait augmenter le flux des communications - on parle de très haut débit - à partir de technologies civiles.

L’idée du gouvernement serait donc de céder ces satellites pour 400 millions d’euros et de les louer par la suite, et sur le long terme, au nouveau propriétaire, dans le cadre d’un partenariat public privé (PPP). Deux sociétés seraient sur les rangs pour cette affaire : EADS Astrium et Thales, qui a racheté, en avril 2006, une part du capital d’Alcatel Alenia Space, devenu depuis Thales Alenia Space.

09.07.2009

Notre Aéronavale n' a plus assez d'hélicoptères

La France manque d’hélicoptères. Et l’amiral Gillier, commandant les fusiliers marins et commandos (Alfusco) a le courage de le dire : «L'armée française dispose de moins en moins de moyens de projection. Elle n'a plus en particulier d'hélicoptères d'opérations spéciales navales : c'est une capacité que l'on est en train de perdre »

C’est en ces termes que s’est exprimé l’amiral le 5 février 2009 à l’occasion du séminaire « Irrégularités et guerre sur mer » dont les actes viennent d'être publiés par le Bulletin d'études de la Marine (n°45)

Cette absence est régulièrement pointée depuis la dissolution de la flottille 33 F, en 1999.

 

 http://www.netmarine.net/aero/unites/33f/index.htm

L'explication donnée à l'époque était que la mission de C-Sar (Combat Search and Rescue) revenait à la seule armée de l'air, alors que l'aéronavale y participait encore durant la guerre du Kosovo. C'était oublier l'autre mission de la flottille, tout aussi complexe : l'assaut héliporté à la mer. Dix ans après, le manque se fait sentir…

http://secretdefense.blogs.liberation.fr/defense/2009/06/...

 

 

« …Je voudrais juste apporter un éclairage complémentaire aux commentaires ci-dessus. De façon très simple, je crois que l'on peut dire que le véritable fossoyeur de la composante hélico aéronavale est le programme NH90.

 

Certes les finances sont réduites, et de tout temps les hélicoptères ont été les parents pauvres dans la Marine et l'Armée de l'Air, mais fondamentalement c'est tout l'argent qu'il a fallu investir sur un programme choisi plus par les politiques que les militaires qui a manqué au Super Frelon et au Lynx. Ce rêve d'ingénieur (des commandes de vol électriques complètement inutiles) souffre de toutes les tares des programmes où il y a trop d'acteurs. Sans parler de ses défauts, laissons les allemands ou les autres utilisateurs le faire, le NH90 sera de toute façon un appareil coûtant bien plus cher à l'heure de vol dans un budget constant. De plus, il est tellement en retard que le Caracal est à la fois bien plus récent et bien meilleur, sans commandes de vol électriques, pour les missions de type SAR.

 http://www.meretmarine.com/article.cfm?id=109185

La preuve, la marine cherche en catastrophe à louer ou acquérir deux EC225 pour assurer le SAR dans le Finistère. Par ailleurs, vu les délais de mise au point, on peut s'interroger sur l'intérêt réel de la lutte ASM et du nombre de Lynx à remplacer…

Il y a une solution évidente : la Marine devrait réduire la commande de NH90 pour acheter des EC225 ou 725.

« …Jadis nous avions une armée avec des moyens et nous étions une puissance maritime reconnue. Nous vivons actuellement une situation difficile consécutive d'un manque de lucidité et d'analyse des besoins. Sans compter une présence inopportune sur bien des théâtres d'opération. Il est grand temps de revenir aux fondamentaux et de disposer d'hélicoptères de secours en mer, de transport de fumaco et de mettre en place des voilures tournantes en mesure d'intercepter les « go-fast » maritimes qui seront demain armés de missiles sol-air portables.

 

 

Ce réveil nécessaire n'est pas une guerre des boutons mais le constat que les échanges économiques se font massivement par la mer, que nous avons des façades maritimes et que nous avons des départements, territoires et collectivités territoriales éloignées de la métropole.

Des bâtiments, de la batellerie (Marché du LCAT passé) mais aussi des aéronefs pour notre Marine Nationale !!! C'est l'avenir de notre pays qui se joue là. »

« …maîtrise d'oeuvre ne signifie pas que d'autres pays intéressés par le programme n'aient pas leur mot à dire mais il faut un seul capitaine par bateau. C'est ce qui manque à l'A400M ....

 

PS: ancien de l'Aéronavale et de THALES, je me souviens que le radar du NH90 avait été "saucissonné" entre 3 pays :la France, l'Italie et l'Allemagne, "bonjour" pour les spécifications, la mise au point , les coûts ...; quant à l'ESM nous l'avons purement et simplement abandonné aux italiens (ELETTRONICA) alors que nous avions un meilleur matériel proposé par THALES , italiens qui eux ont exigé un moteur spécifique (américain) pour cet hélicoptère , encore de tristes exemples  de la "coopération européenne" en matière d'armements !

 

G.P 

 

 

 

03.04.2009

Le retour dans l'OTAN est une énorme erreur géostratégique

Sur cette question – comme sur bien d’autres, d’ailleurs – chacun y va de son couplet, apportant, soit sa contribution intelligente – à droite comme à gauche, à l’instar de Roland Dumas ou de Marie-France Garraud –, soit sa pierre à l’édifice déjà « énooorme » de la désinformation – cf. notre commis à la défense, Hervé Morin.


Cette modeste contribution au débat aura, à coup sûr, ses contempteurs comme ses zélateurs et les uns et les autres décerneront, comme c’est d’usage, les bons et mauvais points.

On ne rappellera pas les causes qui ont conduit, en 1966, le général De Gaulle à se retirer des commandements intégrés de l’OTAN (plus précisément, des groupes sur les plans de défense et sur la dissuasion nucléaire). Sauf pour revenir sur un point ignoré ou faussement oublié par nos gouvernants. L’intention de De Gaulle était, notamment, d’assurer la puissance d’une Europe « de l’Atlantique à l’Oural ». Or, on citera le professeur Aymeric Chauprade – n’en déplaise à son ancien « patron » à qui il n’avait pas l’heure de plaire et on comprend pourquoi – qui observe dans son manuel de géopolitique que De Gaulle « réaffirme une sorte de jeu russe [souligné par nous] traditionnel de la France, tout en rejetant l’idéologie communiste (1) ».

 

Mais il y a plus et cet autre élément est fondamental pour appréhender à sa juste valeur le « retour de la France dans l’OTAN », en parlant rapidement. C’est que la France étant, géographiquement et, a fortiori, historiquement, une puissance continentale, s’est toujours défiée de l’Angleterre, « qualifiée de ‘‘cheval de Troie’’ des Etats-Unis dans la Communauté européenne ».

Mutatis mutandis, si Albion conserve toujours son attachement indéfectible à ses enfants américains (voir son engagement en Irak comme supplétif bienvenu de ses chers « yankees »), le rôle de l’équidé hellène est désormais endossé par les Etats-Unis eux-mêmes. En effet, et l’élection de Barack Obama, prétendument plus « gentil » et plus fréquentable que son devancier Bush, parachève un processus mené depuis l’effondrement du Mur de Berlin, de chaque côté de l’Atlantique, mais à des niveaux différents.

Dans la perspective proprement américaine de l’endiguement, fortement relayée et soutenue par Zbigniew Brzezinski (nommé, ce qui n’est nullement un hasard, conseiller du président Obama sur les questions géostratégiques (2)), les Nord-américains ont tout intérêt à pénétrer en Europe pour mieux asseoir leur suprématie. L’OTAN devient alors cet instrument formidable de la politique américaine en Europe, dont l’utilité militaire, on le voit bien, n’est qu’un prétexte.

 

Au résultat, la politique étrangère d’Obama s’inscrit dans le sillon tracé par ses prédécesseurs et le retour de la France au sein d’un des deux groupes précités n’était qu’une question de temps que la mise en phase idéologique des chefs d’Etats français et américains a transformé en opportunité. L’impérialisme US retrouve ici tout son éclat et peut compter sur la France pour être le plus parfait ambassadeur de ses intérêts géopolitiques auprès des institutions communautaires. En définitive, cette convergence n’aurait rien de contestable si elle ne masquait pas d’autres enjeux géostratégiques d’importance, comme l’entrée de la Turquie au sein de l’Union européenne ou l’affaiblissement de la Russie au sein de cette même Europe.

Sur le premier point, il est évident que la Turquie, allié circonstanciel (et historique, la France ayant « rompu », avec Bonaparte, le « pacte » qui la liait à l’empire ottoman depuis François Ier) des Etats-Unis, voient d’un oeil plutôt bienveillant et attendu l’entrée de plain-pied de ces derniers sur le contient européen, via la porte à courants d’air de l’OTAN. La maîtrise de la partie asiatique du continent passe évidemment par un renforcement de l’alliance américano-turque que seul un rapprochement inter-européen Est-Ouest, via la Russie pouvait contenir. Car, et c’est le deuxième point, profondément imbriqué dans le premier, les Etats-Unis ont largement intérêt à faire reculer l’influence de la Russie au sein de l’Europe. L’une des raisons et non des moindres, réside dans l’utilisation de la Turquie comme levier américain de maîtrise des détroits des Dardanelles (porte ouverte sur la Méditerranée) et du Bosphore (boulevard sur la mer Noire).

 

On ne se risquera pas à faire de la prospective géopolitique, mais la persistance (Chauprade dirait, en digne héritier de Jacques Bainville, la constante) de faits précis, conjuguée au jeu des acteurs, rend le système géopolitique on ne peut plus intelligible. C’est pourquoi, contrairement à ce que l’on peut lire ou entendre ici ou là, dans les médias, le retour de la France dans le giron de l’OTAN (précisément dans le groupe des plans de défense), s’il ne changera effectivement pas grand chose quant à la nature de nos relations politico-militaires avec les Etats-Unis, n’en constitue pas moins une grave erreur géostratégique, tant pour la France que pour l’Union européenne. C’est méconnaître la permanence expansionniste des Etats-Unis, comme nier les fortes spécificités historiques et politiques du vieux continent.

La France est donc tombé dans un piège qui a parfaitement fonctionné et qui ne peut manquer de réjouir Brzezinski et ses disciples. De ce fait, on est confondu devant tant d’angélisme et de naïveté tendant à dire et à faire croire que la décision du président Sarkozy relève du « bon sens (3) » et que les Etats-Unis seraient d’autant plus sensibles à cette main tendue que leur multilatéralisme reflèterait un réel élan de générosité diplomatique. Foutaise ! Et l’on ne peut que s’insurger devant tant d’incompréhension des relations internationales. La politique étrangère de Nicolas Sarkozy-Bernard Kouchner est vraiment celle de l’alignement servile devant les intérêts du plus fort. Notre omniprésident a beau jeu de clamer à qui veut l’entendre que «la France n’abdique en rien sa souveraineté. Le rapprochement avec l’Otan conforte notre indépendance nationale. Nos forces armées sont et resteront nationales, elles ne seront pas intégrées dans une armée supranationale ». Il n’empêche, d’une part, cela fait quelques années que notre souveraineté a du plomb dans l’aile, d’autre part, ce qu’il en reste ne peut rien devant la déferlante triomphante et décomplexée de la souveraineté américaine. Voilà une réalité géopolitique incontestable. Et toute mesure qui, indirectement ou pas, aurait pour objet ou pour effet, de subordonner un peu plus notre pays, revient forcément à « abdiquer » un peu plus notre souveraineté.

 

Cédric Milhat


(1) A. Chauprade, Géopolitique. Constantes et changements dans l’histoire, Ellipses, Paris, 200

(2) Z. Brzezinski, Le Grand Echiquier (l’Amérique et le reste du monde), Hachette, Paris, 1997.

(3) Voir Valeurs actuelles, 26 février 2009, l’article de Frédéric Pons, « l’Alliance ressoudée ».

02.03.2009

Démantellement de notre industrie de défense par la gauche et la fausse droite

« Depuis au moins 10 ans l’armement est sous contrôle américain. Nous avons savamment, avec «  acharnement » détruit toutes nos capacités…

- l’acier ? Il est passé aux Indiens

 

- l’aluminium ? Nous l’avons offert aux Canadiens

 

- nos chantiers navals ? Ils sont sous contrôle norvégien et coréen…

 

Nous nous sommes retirés du marché mondial des avions de chasse où nous excellions.

Un retrait volontaire en 1999, quand messieurs Jospin et Strauss-Khan ont vendu l’Aérospatiale à Monsieur Lagardère en échange de quelques faveurs de « presse » au profit du Parti socialiste et des dénationalisations… »

Comment ne pouvait pas nous revenir en mémoire son « bilan » de juillet 2006 ? (Lire La lente histoire d’une descente aux enfers…)

« La voie du réarmement de l’Allemagne était toute tracée… et tout particulièrement nous lui avons permis de reconstituer une industrie aéronautique.
Et les pays « européens » ont acheté « américain », pour ne citer que la Pologne… »

 

«  Galileo » qui devait concurrencer le G.P.S. américain… Un montage « macédoine » avec l’Espagne, l’Italie, l’Allemagne, chacun tirant à hue et à dia pour ses intérêts propres…
Le 1er satellite ? Lancé par la Russie.
Le Transall ? Il est apparu en 1992 qu’il était essentiel de travailler pour lui trouver un successeur.

 

Chacun voulant une part du gâteau, en 2009, il ne vole toujours pas !
De quatre ans pour mettre au point un nouvel avion, nous sommes passé à vingt ans ! La durée de vie de ces matériels étant de 50 ans, quand nous lançons les séries, d’emblée nous sommes en passe de ne plus être à la pointe…
Nous n’avons plus les industries nécessaires pour supporter une armée digne de ce nom. Et les gouvernements successifs ont tout fait pour…
Nos militaires ?
Ils recherchent avant tout des approvisionnements. En 1950 j’étais dans la même situation… »

Et de poursuivre le constat :
« L’idée de nation disparaît ; l’individualisme et le métissage sont des adversaires de la nation. Règne le chacun pour soi contre la notion du « collectif ». Les nouvelles générations d’immigrés ne partagent plus notre histoire et peu leur en chaut la grandeur de la France… »

Tenter d’en analyser les causes, ce ne fut pas toujours ainsi… Et Yvonne Bollmann de les résumer :
« Il n’y a plus de grand projet « France » »


Les problèmes historiques, la grandeur de la France sont étrangers aux nouvelles générations, immigrés ou non…
En 1914, les Français ne concevaient la gestion de leurs affaires que collectivement et pour l’intérêt national en acceptant les sacrifices. Aujourd’hui ? Chacun pour soi !
Nos gouvernements successifs en sont responsables. Tous ont choisi la voie de l’abaissement et de l’affaiblissement de la France.


Prenez le cas Chirac… avec la disparition de notre centre d’essais nucléaires du Pacifique.
L’avenir du nucléaire militaire est aux petites charges. Nous aurions pu continuer nos essais.
Face au problème de « dimension » que peuvent gérer Etats-Unis, Russie, Chine et même Pakistan en procédant sur leur territoire à des essais de petites charges, nous sommes impuissants. Procéderions-nous à de tels essais en Auvergne ?...
Dans ces choix nous perdons chaque jour du capital intellectuel !
La solution apportée par nos gouvernements ?
Devenir les supplétifs des Etats-Unis…

La dépendance grandissante de la France à l’égard des matériels américains ne nous permettra plus d’être libres de nos interventions…
Nous étions depuis des années dans une situation ambiguë vis-à-vis de l’OTAN…
Toujours en quête de voix alors que la situation de la France se dégrade dans bien des domaines, l’actuel chef de l’Etat en annonçant le retour de la France dans l’OTAN rassure les Français en les plaçant sous le parapluie américain, facteur de « paix » et nous laissant libres dans la voie de l’Europe de la Défense…
L’Europe de la Défense ? C’est la Défense américaine ! »

Quand on connaît la carrière du général Gallois, la qualité des liens tissés avec nombre de hauts responsables militaires et civils américains, personne ne peut le « taxer » d’anti-américanisme primaire… Il s’agit toujours de veiller aux intérêts de la France et de ne pas succomber dans la vassalité !

Déjouer tous les pièges…
De l’Allemagne…
Qui aura le courage de dénoncer les  «  ratés » successifs de l’industrie allemande dans bien des projets dont celui de l’ A400M ?...

 

Qui rappellera les choix « suicidaires » de la France en « jouant » l’« Eurofighter » anglo-allemand contre le « Rafale » ?
Qui met le doigt sur le sens profond de la sortie de Siemens de son alliance avec Areva ?
Alors que sans tarder, Siemens s’allie avec la Russie tant pour du nucléaire civil que militaire…

Et le général de n’éviter aucun rappel :
« Dès 1950, l’OTAN a favorisé le réarmement de l’Allemagne. Il fallait a tout prix réconcilier les Germains et les Gaulois !
Dédouaner aussi les Allemands de leurs crimes. L’Allemagne était le Théâtre des opérations face à l’Union soviétique…

Le temps de la guerre froide… vue par Krogen  http://www.flickr.com/photos/krogen/

Aussi il importait que la France ne soit pas trop sévère à l’égard de l’Allemagne. Ces vingt dernières années ont apporté une succession de points d’orgue… assurant le réarmement de l’Allemagne et l’abaissement de notre industrie militaire et bien pire…
Amoindrir le nucléaire ! Détruire tout ce qui est sentiment  national et collectif, caresser tous les communautarismes. Veillant par des campagnes » intelligentes » avec des messages « pacifistes » a amoindrir le nucléaire, les Etats-Unis veulent redonner la Force aux grandes populations et aux industries fortes…
L’entrée de la France dans l’OTAN ? Formalité seconde !
Et que nous ne participions pas au Comité nucléaire de l’OTAN n’est que pure illusion… 
Les capitulations successives ont conduit la France et bien des Français à considérer comme « naturel » notre retour dans l’OTAN…

 

Le président français a déclaré mercredi qu'il souhaitait faire "évoluer" la relation de la France avec l'Otan, sans aller jusqu'à parler de réintégration au sein du commandement intégré de l'Alliance ... !

 

 

27.02.2009

Non au retour de la France dans l'OTAN

POURQUOI  IL FAUT  REFUSER  LE  RETOUR DANS LES  STRUCTURES  DU  COMMANDEMENT MILITAIRE  INTEGRE DE l’OTAN
L’OTAN est une organisation avec une structure civile et une structure militaire aux pouvoirs politique, militaires et…économiques.
L’OTAN est une organisation aux structures tentaculaires, une pieuvre aux ventouses collées dans chacun des 26 pays qui en font partie.
 L’OTAN est une organisation dont le cerveau est à WASHINGTON et les centres d’exécutions répartis .
L’OTAN c’est un Conseil de l’Atlantique Nord qui réunit chaque semaine 26 ambassadeurs, plusieurs fois par an les 26 ministres de la défense et ceux des affaires étrangères, et périodiquement les 26 chefs d’Etat (1999, 2002, 2004, 2007).
C’est aussi 40 Comités et un Secrétariat Général.  VOILA POUR LE POLITIQUE

L’OTAN, c’est aussi un Comité Militaire chargé de faire ses recommandations aux autorités politiques dans le domaine opérationnel, et des directives pour les grands commandements.
Un Etat Major International chargé des plans, de l’évaluation et de la Doctrine.
Deux Grands Commandements dévolus aux Etats Unis et diverses missions militaires(SACEUR, SACLANT), commandements de régions et sous-régions..
Des Agences chargées de la standardisation, de la recherche, des technologies, des moyens de communications, de commandement et de maintenance . VOILA POUR LE MILITAIRE

Alliance à l’origine défensive à sa création (1949) face aux forces du Pacte de Varsovie, avec la fin de ce dernier en 1991, l’OTAN s’est trouvé une autre vocation militaire : fer de lance de la puissance des Etats Unis qui impriment leur domination impériale sur toutes ses structures, l’OTAN est passée à l’offensive au Kosovo, en Serbie et en Afghanistan, toujours plus loin vers l’EST, sur les frontières de la Russie, de l’Iran et de la Chine pour la défense des intérêts de l’ « Occident » et la lutte contre le « terrorisme », motifs commodes pour mieux cacher les intérêts de Washington. A ses alliés reste le rôle de valets d’armes et de tremplins vers des réserves énergétiques convoitées dans un projet visant à neutraliser voire menacer une Russie et une Chine qui ne sont en rien les ennemis de la France.

Alors que dire d’une doctrine militaire qui envisage l’emploi de l’arme nucléaire à titre préventif ? Est-ce là l’intérêt des Français ?

Instrument régalien au seul service des intérêts nationaux, symbole de la souveraineté nationale, les Armées de la République n’ont pas vocation à être placées dans les structures d’un commandement intégré où l’Anglo-Saxon et sa langue règnent en Maître.

Français, voulons nous d’un Maître ? Non ? Alors disons notre refus de voir nos Armées OTANISEES .
Je soussigné :         
adresse
adresse courriel :

En signant  cette  pétition  je dis clairement OUI à la souveraineté de la France et NON à la recherche d'un Maître    ____________

http://www.forumpourlafrance.org/spip/POURQUOI-IL-FAUT-RE...

11.07.2008

14 juillet 2008: triste fête nationale

 

 

23 octobre 1983 – 14 juillet 2008

 

25 années se sont écoulées depuis l’attentat du Drakkar à Beyrouth, où 58 jeunes paras (appelés volontaires et engagés) des 1er  et  9e Régiments de Chasseurs Parachutistes ont trouvé la mort.

Bien sûr, l’enquête n’a jamais réussi à identifier les coupables, mais il ne fait aucun doute que la Syrie et les Services secrets Syriens ont joué un rôle, parmi d’autres, dans la préparation ou la réalisation de cet attentat sordide.

Lundi 14 juillet, jour de la Fête nationale, M. SARKOZY fera défiler une partie de l’Armée française, celle qu’il est en train de réduire à l’état de supplétif des Etats-Unis en réintégrant l’OTAN, devant le fils de l’ancien Président Syrien HAFEZ-EL-ASSAD. Pourtant, jamais la Syrie , en 25 ans, n’a fourni ni la moindre explication, ni la moindre excuse !

Combien de fois, nos soldats, trop souvent transformés en soldats-cibles, ont-ils séjourné au Liban, accomplissant là bas des prouesses, pour contenir les Gardiens de la Révolution islamique et du Hezbollah dans la plaine de la Bekaa et ce dans l’indifférence parfois tout juste apitoyée de la presse et de nos politiques ?

On nous parlera d’un pseudo intérêt d’Etat ou de commerce… c’est dégueulasse !

Je pense aux familles de mes 58 camarades assassinés là bas, je pense aux blessés qui encore aujourd’hui souffrent des séquelles de leurs blessures. Et tout cela fait monter mon dégout, pour celui qui lundi acceptera l’inacceptable présence sur les Champs Elysées !

Quand sortirons-nous de ce mauvais rêve et de la petitesse démocratique, quand retrouverons nous le chemin de l’honneur ? Et puisque nous parlons d’honneur, une question M. SARKOZY, à quel titre proposez vous Mme BETANCOURT pour la Légion d’Honneur, je serais curieux de le savoir ??? Et encore, comment peut-on accepter la présence de M. BOUTEFLIKA sur les Champs Elysées ?

 

Christian PEREZ

Ancien Sous-officier au 1er Régiment de Chasseurs Parachutistes

 

02.07.2008

"Sarko - Morin " ... démission !

 

Après la bavure de Carcassonne Démission du chef de l’armée de terre Quid du chef des armées ?

A la suite à la tragique bavure de Carcassonne (Présent d’hier) et aux injonctions de Nicolas Sarkozy, le général Bruno Cuche, chef d’état-major de l’armée de terre, a donc démissionné. Cette démission témoigne d’un sérieux malaise au sein de l’armée après les propos tenus lundi, à Carcassonne, par le chef de l’Etat, à l’égard des militaires présents et notamment du général d’armée (qu’il aurait même pointé du doigt) : – Vous êtes des amateurs, pas des professionnels !

Selon certains témoins, Sarkozy se serait montré particulièrement désagréable, ne saluant personne, hormis le ministre de la Défense et le préfet. « Il y a eu des négligences inacceptables. Elles devront être sanctionnées. (...) Quand je dis ce n’est pas normal, c’est toute la chaîne qui devra s’expliquer, la personne qui a fait ça et l’encadrement », avait-il déclaré auparavant.

D’où la réaction ad hominem de Bernard Antony dans un communiqué du Pays libre : « Mais le chef des armées et le bout de la chaîne de commandement, c’est bien le président de la République, qui n’est pas moins responsable d’une erreur de manipulation de chargeur par un sous-officier que le général démissionnaire. La logique, le sens des responsabilités au plus haut niveau, l’honneur de Nicolas Sarkozy lui imposent évidemment de suivre l’exemple du général. Il devrait donc dans les prochaines heures annoncer sa démission. » Lui ou du moins son ministre de la Défense…

C’est un comble en effet que le Président ait recours à la punition collective qui est interdite dans les armées, nous rappelle le général Quélennec. Tandis qu’un officier général dénonce « l’erreur qui consiste à jeter l’opprobre sur toute une institution, quand cette terrible et impardonnable faute méritait une réaction adaptée : pas de jeter 130 000 hommes et leur chef plus bas que terre ».

En plus d’avoir fait retirer l’enquête au général François-Pierre Joly (commandant de la région de terre sud-est dont dépend Carcassonne) au motif qu’il se trouvait dans la fameuse « chaîne de commandement », Sarkozy aurait pris, selon Le Point, deux autres décisions de même nature (collective) : supprimer tous les officiers généraux de la promotion de la légion d’honneur du 14 juillet et ajourner toutes les nominations de généraux prévues au conseil des ministres (à l’exception du général Elrick Irastorza, promis depuis plusieurs semaines à la succession de Cuche)...

Sur le blog Secret-Défense et jusque dans Libération, Jean-Dominique Merchet résume l’état d’esprit : « Sans faire de procès d’intention, ce que le président de la République a montré aujourd’hui, c’est ce qu’il pense vraiment de l’armée. Il ne la comprend ni ne l’aime. La grogne des militaires [notamment Surcouf contre le Livre blanc] lui reste manifestement en travers de la gorge. L’imagine-t-on, un instant, tenir les mêmes propos de la police ? L’antimilitarisme de droite est-il un fantasme ? » Il veut bien sûr parler de la (fausse) droite sarkozienne des milieux d’affaires et du show-biz d’esprit « bling-bling » et soixante-huitard.

Puisqu’il est question d’amateurisme et de professionalisme, on peut du reste se demander si c’est le rôle d’un régiment d’élite de faire ainsi des kermesses à destination du public, de faire jouer les acteurs à ses soldats de métier comme on fait jouer les assistantes sociales aux policiers ou aux professeurs, dans ce que Jules Monnerot aurait appelé une étrange hétérotélie (changement de finalité). Cela dans un contexte de paupérisation des armées, dénoncé il y a peu par le général Cuche lui-même…

Et Jean-Dominique Merchet d’ajouter : « Je rappelle que le régiment-frère du 3ème RPIMA de Carcassonne, le 8ème RPIMA de Castres est arrivé ce matin même en Afghanistan. Envoyé par le même président de la République sur un théâtre de guerre. Sur leur VAB, les paras du 8 devront servir leur mitrailleuse de 12,7 mm sans protection. Les blindés AMX-10 RC, envoyés pour les soutenir, ont un plancher en aluminium, évidemment à l’épreuve de toutes les mines ! Rappelons-nous cette phrase prononcée par le chef des armées : “Il y a eu des négligences inacceptables. Elles devront être sanctionnées”. »

REMI FONTAINE

 

Commentaire: en matière de Défense (et d'une manière générale pour les autres sujets ), Sarko , c'est pire que la gauche !!

 

 

 

21.06.2008

La situation de nos armées est catastrophique .

 

Général (ER) Pierre M. Gallois 

 Radio Courtoisie
12 juin 2008


Le chef des armées est en réalité un chef désarmeur

C’est dans le cadre d’une situation du monde bien différente de celles dont l’HISTOIRE nous laisse des traces, que nous vivons.
Amplifiée par l’évolution des techniques, la mondialisation des échanges, personnes, biens, services, exerce à la fois ses bienfaits et ses méfaits.
Certes, depuis un demi-siècle le monde, dans l’ensemble, s’est enrichi, les niveaux de vie ont été améliorés, de vastes portions de l’humanité sont sorties de la misère. Mais les bénéfices moraux et matériels de cette frénésie de travail, de production, et de consommation, sont de plus en plus inégalement répartis. La grande majorité n’en a profité que marginalement, tandis qu’une minorité a accumulé d’énormes profits.

Seuls, les Etats-nations auraient pu, chacun pour ce qui le concerne, maîtriser cette frénésie et protéger sa population en conciliant justice sociale et globalisation des échanges, notamment l’impact du gigantesque potentiel de production des deux peuples milliardaires en vies humaines, donc en travailleurs.

Or, la mondialisation a imposé l’affaiblissement des Etats-nations, donc leur appauvrissement, voire leur disparition.
Plus le monde s’ouvre, plus les Etats auraient dû gagner en puissance pour en contrôler les excès. Nous assistons au phénomène inverse. D’où une première contradiction dont pâtit l’humanité.

En ce qui concerne la France – qui est prioritaire ici – autre contradiction :


- Depuis des années, les Français, en majorité, réclament « moins d’Etat ». Mais, dans le même temps, en majorité également, ils demandent à l’Etat une assistance de plus en plus grande, donc de plus en plus coûteuse, fournie par un Etat dont ils ont voulu l’appauvrissement.
Cette incohérence est à l’origine du mécontentement social.

Ce ne sont pas les hommes, mais les Institutions de la Vème République – dévoyées en 1962 par l’élection présidentielle au suffrage universel – qui conduisent le pays à l’abîme.

Nul ne conteste le bon sens dont font preuve, en général, les Français. Mais il est normal que leurs préoccupations individuelles intéressent l’immédiat ou le très court terme. Or, c’est le long terme en vue, avec lequel se gouverne un pays.
Ces Institutions maléfiques sont telles que les autorités en place – ou désireuses d’y être – ne connaissent que les sondages hebdomadaires, reflet des humeurs du moment car il s’agit, pour elles, en permanence, de racoler des voix, si pernicieux que soit ce racolage.



Ainsi, en moins de quarante ans, les gouvernements successifs exploitant des Institutions perverses ont modifié la Constitution pour plaire à l’opinion (quinquennat), désindustrialisé le pays qui, de producteur est réduit au rôle d’acquéreur de biens d’équipement conçus et construits hors de France et le pays s’appauvrit d’autant, délocalise le peu de travail qui lui reste, entretenant le chômage local et la baisse du niveau de vie. C’est ainsi qu’il a renoncé à l’industrie de l’aluminium (au profit du Canada), de l’acier (Inde), de l’électronique industrielle et ménagère ( Chine, Suède, Allemagne, Finlande), de la machine-outil (Allemagne, Suisse), des constructions navales (Norvège et maintenant Corée du Sud), tandis qu’il perdait le marché mondial des avions de combat qu’il avait gagné sous la IVème République, puis perdu au profit de l’Allemagne, la famille des « Airbus » que nos ingénieurs avaient développé. La moitié des entreprises cotées en bourse sont passées sous contrôle de l’étranger.


Enfin, aux abois après avoir mené une politique économique désastreuse, le pouvoir vend le patrimoine afin de se procurer quelques ressources. A ce train l’on en viendra à vendre Versailles et à louer ou vendre nos cathédrales !!

La politique étrangère et les armées de la nation témoignent de la nocivité du système électoral de la Vème République. En effet, il y a peu, un sondage général avait montré que 6 % des Français s’intéressaient encore à la politique étrangère de leur pays et 1 % seulement à ses armes et à son appareil militaire. Les politiques en ont conclu que cette minime portion de l’électorat ne présentait pas d’intérêt, d’où le recours a un « ministre » européen des affaires étrangères, en l’occurrence, Monsieur Javier Solana dont on ne voit pas comment il aurait pu être l’artisan d’une politique « étrangère » conforme aux intérêts de la France, alors qu’il ne peut parler que des compromis obtenus après avis de la majorité requise des membres de l’Union.

D’où aussi le délabrement de notre appareil militaire également victime de la « notion de suffisance » qui n’est qu’un cache-misère, car il n’y a pas de « suffisance » lorsqu’il s’agit de la grandeur d’une nation, ses armes en étant une spectaculaire matérialisation.

Les carences de l’Union européenne ont transformé ces échecs nationaux en catastrophes collectives. Voici les faits :

1) Renseignement, guidage, contrôle à partir de l’espace :


Au début des années 80, le président Reagan avait lancé le projet G.P.S. Il a fallu une quinzaine d’années pour que les Européens s’en soucient. Inutile et coûteux estimaient les Britanniques, oui, peut-être, mais pas d’utilisation militaire, disaient Londres et Berlin pour plaire à Washington, pas de financement privé, querelles d’intérêt entre les firmes enfin associées pour réaliser le projet : ALCATEL-LUCENT-THALES-EADS, FINMECANICA, AENA et HISPASAT (Espagne), TELE OP (Allemagne), INMARSAL (Grande- Bretagne) ; querelles nationales : Berlin veut le QG à Munich et Paris à Toulouse, l’Espagne entend avoir des centres de contrôle et aussi les Tchèques, les charges de travail ne conviennent ni aux uns, ni aux autres. Le temps passe. La Chine se désiste au profit de son BEIDOU.
L’Europe ne lance qu’en 2005 le premier des 30 satellites nécessaires, et encore ce sont les Russes et leur fusée qui ont mené l’opération. En Europe, lancé en 1994, le projet ne verra peut-être sa première utilisation qu’en 2012 ou 2015, soit 30 ans après la décision américaine… Au moins un demi-fiasco européen.





2) Aviation militaire ou le fiasco total :


Avec deux entreprises à haut rendement, la Société nationale « Aérospatiale » et les « avions Dassault », la France détenait le marché mondial. L’ « Aérospatiale » était l’héritière des bureaux d’étude qui avaient conçu et construit les « Nord-Atlas », les « Caravelle », « Concorde », « Airbus », des hélicoptères mondialement utilisés, des missiles stratégiques et tactiques, des satellites… Quant à Dassault, avec ses « Mirage », « Alpha-jet » et « Atlantique », il équipait une cinquantaine de pays, et non des moindres.


Ce gigantesque marché est définitivement perdu au profit des constructeurs anglo-saxons. Perdu par d’absurdes décisions du gouvernement français privant de travail des centaines de milliers de spécialistes français contraints à d’obscures reconversions.


A des fins de politique électorale, le gouvernement Jospin-Strauss-Khan a cru bon de « privatiser » l’« Aérospatiale » et, avec les Allemands de créer une société nouvelle, EADS, siégeant en Hollande et groupant les activités militaires et civiles de l’ex-Aérospatiale, y compris « Airbus ». Paris ne conservant que 15 % du capital et se préparant d’ailleurs à les brader. EADS cherche à vendre l’ « Eurofighter » anglo-allemand, concurrent du « Rafale » français. Comble de l’irrationnel, voici que le contribuable français finance
l’« Eurofighter » anglo-saxon par le biais d’EADS dans le même temps qu’il a investi des milliards dans le programme « Rafale » (celui-ci, lancé au début des années 80 devant être un « avion européen » selon Charles Hernu).


Ainsi, la France détruisait elle-même ce qu’elle avait conçu et construit.
Autre échec, le retard d’EADS dans la fabrication de l’avion de transport militaire A 400M. Déclaré nécessaire au début des années 90, en 2008, près de 30 ans plus tard, EADS a été incapable de lui faire exécuter son premier vol comme prototype. Mais quelque six Etats européens devaient collaborer, d’où négociations, discussions, renoncements, cafouillage européens devenus classiques, blocage des Allemands, rejet italien, ainsi que du Portugal. Bref, autre fiasco.
La Société EADS-AIRBUS a été une absurde construction industrielle et commerciale, avec de multiples niveaux administratifs bi-nationaux, sinon tri-nationaux avec l’Espagne. Le résultat est désastreux pour la Société et pour la France. Celle-ci a remis son industrie aérospatiale à l’Allemagne dont les représentants occupent tous les postes importants, éliminant peu à peu les activités françaises. Faute de compétences, tous les programmes sont en retard, et l’aventure « Airbus » risque de tourner au plus mal. Le tandem Chirac-Jospin a ainsi mis un terme aux ailes françaises et compromis les réalisations soi-disant européennes.
Etats-Unis, Grande-Bretagne, Allemagne en tirent parti. Entre temps, ces atermoiements ont ouvert le marché aux Etats-Unis. L’avion F.16 équipe le Danemark, la Finlande, la Grèce, les Pays-Bas, le Portugal, l’Espagne, la Turquie, tandis que la Grande-Bretagne, par la suite, a investi 2 milliards de dollars dans le F. 35 américain, l’Italie 1 milliard, les Pays-Bas 800 millions, le Danemark 125 et aussi la Norvège. Et le Canada et la Turquie avec l’Australie veulent coopérer et aussi utiliser cet appareil. Pour le siècle, le marché est acquis aux Etats-Unis, avec une modeste part à l’ « Eurofighter » anglo-allemand. La France ayant tout perdu. Et définitivement.

2) Matériel militaire terrestre :


Même faillite en ce qui concerne le matériel terrestre de combat.
Faute de commandes de l’Etat et de l’étranger, le GIAT qui fabrique le char « Leclerc » entre autres équipement de nos forces terrestres, a

fermé nombre d’établissements et ramené son personnel de 13.000 à 3.000 personnes. Il a pris un autre nom (NEXTER) afin d’effacer un passé peu glorieux et renoncé aux chars lourds pour la suite de l’AMX 10 à roues et au canon de 155 m/m. Mais la place est prise : la Grande-Bretagne avec « BAE System » a acquis « ARMOR HOLDING » aux Etats-Unis, tandis que la puissante firme américaine « GENERAL DYNAMIC » qui construit les chars « ABRAM » a acheté, à Vienne, les usines « STEIR » et une entreprise similaire en Espagne s’ouvrant ainsi le marché européen.

Ainsi, pour « construire » l’Europe, il a fallu déconstruire ses Etats-membres, créant sur le vieux continent un vide stratégique total et un état de dépendance absolu.

3) Carences sur mer :


La France a fermé les uns après les autres ses chantiers navals. Les prestigieux « Chantiers de l’Atlantique » qui ont produit tant de bateaux recherchés dans le monde, sont passés sous contrôle norvégien puis, maintenant, s’accommodent d’une minorité de blocage sud-coréenne, l’Asie étant venue chercher à bénéficier de notre ex-savoir faire. Paris s’en émeut et met « un pied » (petit) dans l’entreprise.
S’ajoutent à ces renoncements la pitoyable gestion de la fin du « Clemenceau » et surtout l’affaire du second porte-avions. Un jour il est déclaré « indispensable » par le président futur en campagne électorale mais, peu après, la mise en chantier est repoussée à la prochaine échéance électorale présidentielle. Pourtant, le candidat à l’Elysée avait déclaré : « Nous refuser d’avoir les moyens d’intervenir au loin ce serait, implicitement, laisser à d’autres la gestion des affaires mondiales ».


C’est bien ce que cette politique incohérente impose au pays.
Depuis 1994, il n’est question, dans les projets officiels que d’ « intervenir à distance », des dizaines de milliers d’hommes à des milliers de kilomètres. Or, nous n’en avons pas les moyens.


- Pas d’avions cargos lourds. Paris s’en sort en louant aux Russes leurs gros avions de transport de troupes et de fret.


- Pas de chasseurs à long rayon d’action pour protéger les points d’intervention lointains (il existe un seul prototype, le MD. 4000, mais il est au musée de l’Air).


- Pas d’engins à courte portée pour défendre localement le petit corps expéditionnaire français (le « Hadès », à charge classique, aurait pu servir. Il a été à la casse).


- Peu ou pas de bâtiments de débarquement et un seul porte-avions jouant les intermittents.

On voit mal comment, avec de telles carences, la France pourrait intervenir à distance de manière indépendante et en fonction de ses intérêts. La tragi-comédie du deuxième porte-avions est, hélas ! significative.

Quant aux pays européens, en grande majorité, ils ont choisi l’OTAN et l’éventuelle intervention américaine à leur profit. Aussi font-ils l’économie d’un effort militaire national.

En conclusion, dire que les Etats-Unis admettent maintenant un système militaire européen indépendant n’est qu’une expression dépourvue de sens.


Que signifie-t-elle alors que tout le matériel de cette Europe sera fourni, entretenu, renouvelé par les Etats-Unis ? Evidemment en fonction de leur intérêt.


Les Français ayant admis leur plongée dans l’abîme avec la perte de leur souveraineté et de leur indépendance, la réalité s’adapte à leur idéologie. Ce déclin leur convient car il épargne l’effort, si bien qu’ils ne feront rien pour en sortir. Comme les civilisations, les nations sont mortelles, et la Vème République a seulement accéléré le processus de désintégration nationale !

 

 

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