22.07.2009

Le laïcisme français dans toute son horreur et incongruité.

« Bassidjis » du laïcisme
Impossible neutralité !


Nous avions déjà parlé de ces deux examinatrices cathophobes qui avaient demandé (en vain) au directeur du lycée Saint-André de Choisy-le-Roi (Val-de-Marne) d’enlever le crucifix d’une salle d’examen pendant le baccalauréat (Présent du 1er juillet). Elles sont revenues à l’assaut avec le renfort de Libération (du 17 juillet) en des termes particulièrement grotesques :

« Pourtant nous ne faisions rien d’autre que de nous alarmer de la mise en péril d’un principe fondateur de notre école républicaine : la laïcité. Dans un Etat laïque tel que la France, peut-on accepter que les candidats de tous horizons qui présentent l’examen national du baccalauréat passent les épreuves dans des locaux arborant ostensiblement des signes religieux ? »

Il faut savoir que depuis plusieurs années, manquant de locaux, l’Etat fait appel à des établissements privés sous contrat car ce titre leur donne officiellement une mission de service public. A ce titre, ils accueillent des candidats et des examinateurs venant, pour la plupart, d’établissements publics et doivent respecter les règles permettant le bon déroulement des épreuves.

Demander le retrait de la croix, c’était donc déjà offenser le principe civilisationnel de l’hospitalité : « Ces enseignantes voulaient que le SIEC [Service interacadémique des examens et concours] oblige le chef d’établissement à enlever les croix mais je ne suis pas sûr d’en avoir le droit, commente Stephane Kesler (le directeur dudit SIEC qui a simplement fait remplacer les deux examinatrices). J’ai donc demandé un avis, que j’attends, à la direction des affaires juridiques du ministère. C’est une question complexe. Mais ce qui est sûr, c’est qu’un examinateur n’a pas à décider de là où il veut aller ou non. »

Imaginons que la fenêtre de la salle d’examen donne sur une église ou un clocher dont la France regorge du fait historique de son baptême et qui font donc partie du paysage. Faudrait-il les faire raser, selon la pratique de vulgaires talibans, pour faire respecter ledit principe de neutralité ? Cachez ces croix que je ne saurais voir : on n’est pas si éloigné du syndrome du tchador !

Mais il y a surtout la contradiction interne et l’ineptie dans lesquelles s’enferment ces pauvres militantes laïcardes : « Je ne voulais pas nuire [sic] aux élèves, alors je suis venue mais j’étais mal à l’aise, explique l’une d’elles (Orane Wyplosz), je les interrogeais notamment sur un texte très anticlérical et je les ai sentis parfois gênés pour répondre dans un tel cadre. » Bonjour la sacro-sainte neutralité ! « Est-ce si gênant d’expliquer l’anticléricalisme voltairien et d’analyser sa critique de l’Eglise à l’ombre d’un crucifix », s’enferrent nos deux « bassidjis » de la neutralité dans leur tribune de Libération, sans s’apercevoir qu’on réalisait ainsi une espèce d’équilibre…

Négatif ou positif, le laïcisme est toujours un leurre, sa neutralité ou son égalité un mensonge, un mythe ou une « chimère » reconnue par les francs-maçons eux-mêmes (Viviani). Il en va de la croix comme du dimanche : on ne peut les retrancher de notre nation sans une dose alarmante de mauvaise foi extrémiste. On ne les efface pas comme cela (laïcité négative), pas plus qu’on pourrait les mettre en concurrence égalitaire (laïcité positive) avec d’autres symboles, comme on me le suggérait un jour : « J’imaginerais bien, sur les murs publics, des tableaux à plusieurs cases ornées des symboles correspondant à chaque croyance, l’une des cases étant vide, celle représentant l’athéisme. » (cf. Présent du 10 décembre 2008).

Alain Finkielkraut répond ainsi à ce genre de raisonnement libéral et relativiste : « La France n’est pas une auberge espagnole. Ce pays ne se réduit pas à la diversité de ses composantes actuelles. Il a une histoire, il a une substance, il est davantage qu’un ensemble de procédures visant à régler la coexistence de communautés… (Présent du 10 juillet dernier). » Halte aux procéduriers laïcistes de notre auto-destruction !

REMI FONTAINE