07.06.2009
Elections européennes: réponses de Bruno G0LLNISCH à CEC
Questionnaire
à l'attention des candidats aux élections européennes
Madame, Monsieur le candidat,
candidat aujourd'hui, vous pouvez être élu député européen le 7 juin prochain et avoir, de
ce fait, à prendre des décisions importantes.
Catholiques impliqués en politique, nous sommes très intéressés par votre vision de vos
éventuelles futures fonctions. Pour mieux vous connaître et pour procéder à un choix
éclairé lors du scrutin.
Vos fonctions se rapportent à l'exercice de compétences encadrées par le droit :
compétences juridiques, donc. Mais, elles vous confèrent aussi une certaine autorité
morale. D'où, la teneur de certaines questions.
Soyez remercié,
Collectif "Catholiques en Campagne"
Exercice de compétences juridiques
· Êtes-vous favorable au non-cumul de mandats eu égard à la charge de travail et
à l'importance des fonctions d'un député européen ?
_ Non. Un des reproches les plus importants et les plus justifiés faits aux institutions
européennes est qu’elles sont coupées des réalités locales et nationales, qu’il est
sans doute facile pour beaucoup d’oublier à Bruxelles. A l’inverse, beaucoup de
collectivités territoriales ont à mener des politiques liées à ce qui se passe au
niveau européen (fonds structurels, coopération transfrontalière, ou tout simplement
conformité des politiques avec la législation européenne). Les liens des élus avec
leur(s) territoire(s) - je ne parle pas des circonscriptions électorales artificielles
créées exprès pour les élections européennes - me semblent devoir être
entretenus. Personnellement, j’affirme avoir pu être le député français qui est le
plus intervenu au Parlement européen, tout en étant conseiller régional. Je pense
toutefois qu’il ne faut dans ce cas pas plus d’un mandat local.
Compétences législatives
· En quels domaines, êtes-vous disposé à être un député particulièrement actif par
des propositions de textes ?
_ La capacité des députés à déposer des textes en séance plénière (résolutions ou
amendements) dépend de leur appartenance à un groupe et de règles très
spécifiques. Si les résultats nous sont favorables et que nous réussissons à faire un
groupe de patriotes français, anglais, autrichiens, flamands, hongrois, portugais,
etc…, aucun domaine ne sera exclu de cette capacité d’action. Autrement, nous
utiliserons tous les moyens (eux aussi très encadrés) à disposition des députés à
titre individuel. Je considère cependant que le déficit démographique est un des
plus graves problèmes de l’Europe, et qu’il faut d’urgence concevoir des
programmes en faveur de la famille et de l’accueil de la Vie.
· Nombre de députés européens français évitent les commissions stratégiques en
matière économique pour leur préférer celles plus « intellectuelles » ou
symboliques (éducation, culture, etc) : où vont vos préférences ?
_ Tous les domaines sont importants, la capacité de nuisance de l’Union européenne
se manifestant de bien des façons, mais il est certain que les commissions dites
« législatives » revêtent une importance particulière. Elles traitent des questions qui
concernent directement l’avenir de nos économies et de nos sociétés. Les textes
qu’elles examinent sont le fondement de 80 % des lois adoptées par l’assemblée
nationale française.
J’ai été moi-même membre ou suppléant dans les commissions « économiques » et
« transports » lors de la dernière mandature et j’aurais une petite préférence pour les
commissions législatives, notamment celle des « libertés publiques » (immigration,
coopération policière et judiciaire), ainsi que pour la commission « institutionnelle », qui
traite du règlement intérieur du Parlement, des modifications des traités ou encore de
la « citoyenneté » européenne.
· A quelles conditions, êtes-vous partisan d'une liberté de circulation des
travailleurs ? Acceptez-vous des limites liées à la sécurité, au domaine régalien,
à l'équilibre social, au dumping social, ... ?
_ De manière générale, je suis pour le droit souverain des Etats à choisir qui a le droit
d’entrer, de séjourner et de travailler sur leur territoire, à quelles conditions et de
quels droits ils peuvent y bénéficier.
Au sein de l’Union européenne, cette liberté de circulation étant effective, elle ne peut que
s’accompagner d’un respect absolu du droit social et du travail du pays d’accueil et bien
évidemment être compatibles avec la protection de l’ordre, de la sécurité et de la santé
publics, ainsi que des équilibres sociaux et économiques nationaux.
· Sous quelles conditions restrictives, êtes-vous partisan d’un marché intérieur
dérégulé ?
_ A la condition qu’il ne puisse exister réellement qu’entre pays ayant des niveaux de
développement et de protection sociale similaires et qu’il soit réellement protégé, à
ses frontières extérieures, des pratiques commerciales déloyales de concurrents
qui pratiquent le « dumping social ».
Mais dans l’absolu, je suis favorable à la reprise en main par les Etats de leurs
politiques économiques, commerciales et monétaires, ce qui n’empêche pas le libreéchange
avec des pays comparables au nôtre, acceptant des normes aussi
contraignantes que les nôtres, et des écluses douanières plus ou moins importantes
avec les autres, en fonction du niveau de leurs coûts de production et de la loyauté de
leur comportement économique et commercial.
· Êtes-vous résolu à protéger l'environnement avec bon sens et efficacité, sans
idéologie, sans adhésion à un mondialisme sous-jacent ?
_ Oui. La protection du patrimoine naturel de nos pays est un enjeu important.
Cependant, comme vous le soulignez, le pragmatisme ne l’est pas moins : il a
motivé le vote du Front national sur des dossiers comme le règlement REACH
(produits chimiques) ou le paquet « énergie-climat » par exemple.
Avec deux principes : les contraintes imposées aux entreprises européennes doivent être
équilibrées par des règles strictes en matière d’importations (exigences similaires sur la
qualité des produits importés et les processus de fabrication), faute de quoi de telles
mesures ne peuvent qu’encourager les délocalisations et seront de nul effet sur la
protection de l’environnement ; la sauvegarde de l’emploi des Européens dans leur pays
surtout dans cette époque troublée, doit primer. Je dois dire aussi que, résolument hostile
au mondialisme, je ne suis cependant pas systématiquement opposé à la concertation
dans un cadre universel, tel que les Nations Unies. Eu égard à certains problèmes,
l’Europe elle-même est un cadre trop étriqué.
· Êtes-vous d'avis de protéger les consommateurs ou y voyez-vous une intrusion
illégitime du politique dans le marché ?
_ Il faut protéger le consommateur et garantir que les produits qui sont mis à sa
disposition sont des produits de qualité, inoffensifs pour sa santé ou sa sécurité. Ce
qui doit valoir également pour les produits importés ! Nous soutenons également la
possibilité d’engager des actions collectives par les consommateurs.
· Selon vous, l'éducation est-elle d'abord la chose des parents, ou doit-elle être
une compétence du parlement, voire de l'UE ?
_ L’éducation relève des parents, auxquels les systèmes éducatifs nationaux doivent
garantir, moralement et matériellement, un libre choix de l’établissement.
La seule valeur ajoutée possible de « l’Europe » est d’ouvrir pour nos enfants la possibilité
de faire une partie de leurs études dans un autre pays européen (programmes Erasmus
par exemple). Mais faut-il obligatoirement une Union européenne pour cela ? La
circulation des étudiants dans l’Europe du Moyen-Age se passait fort bien d’un organisme
centralisé de type bruxellois.
· Selon vous, la culture est-elle d'abord la chose des personnes privées, puis de
l'Etat national, ou doit-elle être une compétence du parlement, voire de l'UE ?
L’Etat peut intervenir pour protéger le patrimoine historique et artistique, promouvoir
l’accès du public à la culture (y compris via internet en favorisant l’accès de tous à un
réseau à haut débit de qualité), encourager le mécénat… Les subventions, quand elles
sont nécessaires, doivent rompre avec le clientélisme trop souvent en vigueur, et être au
contraire fondées sur la capacité des manifestations culturelles à attirer un large public.
Quant à l’UE, elle se préoccupe plus souvent de la promotion des cultures extraeuropéennes
et à la promotion d’une société « multi-culturelle » mondialisée. En l’état
actuel des choses, il vaudrait hélas mieux qu’elle n’ait aucune compétence en la matière.
Compétences budgétaires
· Vous engagez-vous à être présent le(s) jour(s) du vote du budget ?
_ Oui, comme je l’ai toujours été, pour tous les votes, mise à part une indisponibilité
passagère pour hospitalisation. Il faut cependant savoir que le Parlement n’a de
réel pouvoir d’amendement du budget européen que sur une partie de celui-ci. Ce
qui, dans l’état actuel des compétences de l’Union et des majorités prévisibles au
Parlement, n’est pas plus mal !
· Êtes-vous un promoteur d'une agriculture non subventionnée, sans PAC,
protégée seulement de façon conjoncturelle et pour assurer la suffisance
alimentaire du pays ?
_ L’idéal, et je pense que les agriculteurs en seraient d’accord, serait que les prix de
vente de leurs produits permettent aux producteurs de vivre de leur travail, sans
subventions. Mais les produits agricoles ne sont pas des produits comme les
autres, comme l’agriculture n’est pas une activité comme les autres, puisqu’elle a la
charge de nourrir les hommes, qu’elle façonne depuis des siècles nos paysages,
qu’elle est l’activité centrale de nos territoires ruraux. L’indépendance alimentaire
nationale et européenne est un objectif primordial, mais nous devons également
penser à l’avenir et ne pas renoncer à être un grand pays exportateur, alors que
tout tend à indiquer que des pays comme la Chine et l’Inde, et leurs milliards
d’habitants, seront demain de grands importateurs de denrées alimentaires.
Confiée aux seules forces du marché, et aujourd’hui d’un marché mondial livré par
Bruxelles à la suprématie américaine et à la logique des multinationales de
l’agroalimentaire, cette activité a besoin de soutien et de régulation, de préférence au
niveau national.
· Êtes-vous un promoteur d'un aménagement du territoire (“politique régionale”)
d'abord national et européen seulement de façon subsidiaire ?
_ Oh, oui ! La politique régionale européenne est purement clientéliste et vise à
promouvoir les liens directs entre Bruxelles et les régions, par-dessus les autorités
nationales. Elle promeut même la création d’entités juridiques transnationales, des
regroupements de régions de différents pays, dans une volonté évidente de faire
disparaître à jamais les frontières des nations. De plus, elle est une incitation à la
dépense publique : les fonds européens ne peuvent en effet financer en totalité un
projet et le cofinancement par les Etats et/ou les collectivités est obligatoire.
L’aménagement du territoire doit rester de la compétence nationale, ce qui n’exclut
pas des coopérations sur des sujets précis, tels par exemple que l’achèvement des
liaisons Rhin-Rhône ferroviaire ou fluviale à grand gabarit.
· Êtes-vous d'avis de fonctionner à l'économie, y compris concernant votre propre
rémunération ?
_ Oui. Encore que la première des économies à faire serait sur la contribution nette
française au budget européen, qui est quasiment la seule à ne cesser de s’accroître
pour atteindre aujourd’hui 6,5 à 7 milliards d’euros par an.
· Êtes-vous d'avis, par souci d'économie, de supprimer les quelques séances du
Parlement à Strasbourg et de ne les tenir qu'à Bruxelles ?
_ Non. Strasbourg est le siège du Parlement européen : il faut au contraire y
organiser l’ensemble des travaux du Parlement. Le gouvernement français aurait
pu et du négocier cela, par exemple lorsque nous avons accepté que Francfort au
lieu de Lyon soit le siège de la Banque centrale européenne.
· Êtes-vous favorable à l'euro par principe ou seulement par pragmatisme ? Êtesvous
d'avis de redonner de la marge de manoeuvre à la politique monétaire
nationale ?
Je ne suis pas favorable à l’euro monnaie unique, mais j’accepte en revanche une
monnaie commune, comme l’était l’ECU, ce qui n’est pas la même chose ! Pourquoi en
effet ne pas réfléchir à un euro monnaie commune utilisable dans les relations
commerciales avec nos partenaires européens comme avec les reste du monde ?
Et c’est une question de principe : la monnaie est un élément essentiel de la liberté des
nations.
Compétences de contrôle de l’exécutif de l’UE
· Êtes-vous résolu à exercer un contrôle rigoureux de la Commission ?
_ Oui.
· Êtes-vous prêt à la censurer en cas de dépassement de ses prérogatives ?
_ Oui également. Mais je tiens à rappeler que la possibilité de déposer une motion de
censure à été durcie dans le règlement intérieur du Parlement européen il y a plus
de quinze ans pour éviter que les députés du Front National et leur groupe puissent
l’exercer comme ils l’avaient fait. Il faut désormais un dixième des membres
effectifs du Parlement pour déposer une motion de censure (soit 74 députés dans
la prochaine mandature), ce qui privilégie les grands groupes (démocrateschrétiens,
socialistes, libéraux). Or ces derniers, même au moment où la
Commission Santer avait été convaincue d’un certain nombre de malversations
financières, ont toujours hésité à sanctionner les agissements d’une institution
symbolique de la supranationalité et alliée objective du Parlement contre les Etats
et les gouvernements dans le triangle institutionnel européen.
http://catholiques-en-campagne.fr
· Êtes-vous résolu à exercer un contrôle attentif du Conseil et des organes de la
politique étrangère et de sécurité ?
_ Oui, dans la limite des pouvoirs dévolus au Parlement européen dans ces
domaines, qui relèvent encore largement, et c’est heureux, de la coopération
intergouvernementale.
Mais le contrôle du Conseil, et donc de l’action des gouvernements au niveau européen,
appartient, en principe, aux Parlement nationaux, dont on ne peut pas dire (du moins en
France) qu’ils exercent cette fonction avec efficacité ou rigueur !
Que chacun prenne ses responsabilités !
Exercice d'une autorité morale
· Êtes-vous favorable à l'entrée de la Turquie dans l'UE ? à l'entrée d'autres pays
n'appartenant pas à l'ère géographique européenne ? si oui, lesquels ?
_ Non. Dans les deux cas. La Turquie est un grand pays, mais il n’est pas européen.
Pour le reste, combattant pour que mon pays retrouve son indépendance et sa liberté visà-
vis de l’Eurocratie, je ne saurais même pas encourager d’autres pays européens
(géographiquement, culturellement, démographiquement, historiquement ceux-là) à
tomber dans ce piège.
· Distinguez-vous l'Europe, réalité naturelle et culturelle permanente, de l'Union
européenne, construction politique soumise aux aléas humains ?
_ Oui. Je m’insurge souvent contre la confusion que l’on fait entre cette réalité
charnelle et culturelle qu’est l’Europe, et d’autre part une organisation, l’Union
Européenne, qui n’est que l’une des formes possibles de coopération entre pays
européens (en l’occurrence la pire, l’Union européenne qui se veut super-Etat en
devenir). Cette confusion sémantique participe selon moi de la propagande.
Français, je suis par définition également Européen, mais opposé à la construction
européenne actuelle.
· La nation reste-t-elle une réalité naturelle ou est-elle dépassée ? Faut-il la
préserver ou faut-il aller au-delà ? Dans ce cas, vers où ?
_ Je crois que la nation est le cadre indépassable seul à même d’assurer la liberté, la
sécurité, la prospérité et l’épanouissement de ses membres. Cela n’a rien à voir
avec un nationalisme agressif, dominateur ou révolutionnaire qui nous est
totalement étranger.
La crise actuelle, qui a vu l’inaction de l’Union, mais la réaction des Etats, serait-ce dans
un cadre tel que le « G20 », est la preuve de la pertinence du cadre national, quoi que l’on
pense par ailleurs des mesures entreprises.
· Êtes-vous disposé à agir avec détermination pour redonner au principe de subsidiarité sa vraie valeur, à rebours de ses déviances actuelles par les
européistes ? Un principe de subsidiarité distinguant compétences naturelles,
propres (Etat, provinces, communes) et compétences déléguées, construites
(intercommunes, départements, union européenne) ?
_ La subsidiarité est définie dans les traités à l’inverse de ce qu’elle devrait être,
puisqu’il laisse entendre que la Communauté/l’Union européenne est le niveau de
décision de droit commun. Elle est de plus faussée par la « sanctuarisation » d’un
certain nombre de compétences, dites exclusives, dévolues à l’UE. Quant au
protocole supposé en définir l’application, il est constamment violé, principalement
dans sa disposition qui prévoit que les décisions doivent être prises au niveau le
plus proche de ceux qu’elles concernent.
Je suis plus favorable à la définition de l’encyclique de Pie XI Quadragesimo Anno comme
principe d’organisation des autorités nationales et infra-nationales. En outre, la
multiplication des regroupements de collectivités me semble induire confusion, conflits de
compétences et double-emplois.
Au niveau européen, je suis favorable à l’arrêt de la boulimie de compétences exercées
par des entités supranationales, et à son remplacement par la libre coopération d’Etats
souverains dans des domaines concrets, précis, identifiés, mutuellement profitables.
· Êtes-vous un défenseur de la Vie et de la famille sans complexe ? Prêt à
participer à une manifestation pro-Vie ceint de votre écharpe de député européen
?
_ Oui. J’ai déjà participé à plusieurs manifestations pro-vie ceint de cette écharpe, la
dernière en janvier 2009.
13:54 Publié dans Elections européennes | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : élections européennes 2009
02.06.2009
L' utopie des européistes et des élections européennes ...
Dans quelques jours, nous seront appelés à désigner des députés au Parlement européen. Que faut – il penser de ces élections et des enjeux qui se cachent derrière ?
Tout d’abord, disons un mot de l’abstention qui caractérise depuis longtemps ces élections. D’après les sondages, il semble que plus de la moitié des électeurs inscrits souhaitent s’abstenir. On a beaucoup glosé sur cette tendance « du peuple européen » à se désintéresser de ce scrutin. Elle peut paraître peu rationnelle étant donné que le Parlement européen dispose de pouvoirs accrus et qui le seraient encore davantage si les irlandais revenaient sur leur vote NON et que le Traité de Lisbonne entrait en application.
Un surplus de démocratie n’y change rien
Ne nous a-t-on pas seriné que cette tendance à l’absentéisme provenait d’un « déficit démocratique » ? Visiblement, ce n’est pas ce que les électeurs ressentent. On a beau demander à 500 millions d’européens de prendre part à ce vote au suffrage universel direct, rien n’y fait. l’Europe continue d’être considérée comme un monstre technocratique, dont on ne ressent que des effets négatifs ( dégâts causés par les décisions destructrices de Bruxelles dans la pêche, le lait, le vin… etc ). On a bien vu d’ailleurs récemment que cette « machine » lointaine ne protège guère les européens contre la crise économique et les menaces extérieures ; la Commission, c’est – à - dire le pouvoir exécutif de l’Europe, a paru désemparée et incapable de trouver des parades et solutions aux problèmes gigantesques nés de la crise. D’ailleurs, le volontarisme de Monsieur Sarkozy a clairement montré que la seule Europe valable était l’Europe des Etats. Les citoyens ont bien compris à cette occasion que seules, les Nations ont la légitimité et la force nécessaires pour protéger leurs citoyens, leurs agricultures, leurs industries et leurs banques… Autrement dit, l’idéologie « européiste » bat de l’aile ! Il est symptomatique, par exemple, de lire dans le Figaro , sous la plume de Monsieur Alain - Gérard Slama, peu suspect de souverainisme : « Le projet de traité de Rome se voulait réaliste : il visait en fait à camoufler l’idéalisme d’un projet fédéraliste qui, en l’absence d’un peuple européen, n’avait et n’a, aujourd’hui encore, aucune chance d’aboutir. » Car le problème est là : il n’y a pas un peuple européen, il y a vingt – sept peuples appartenant à des Nations différentes, avec leurs langues, leurs traditions, leurs cultures… et dont les intérêts diffèrent et parfois divergent. Il est évident que seule une Europe n’essayant pas de se substituer aux Nations et fonctionnant par voie de coopération entre les Etats a des chances de réellement fonctionner de manière satisfaisante.
Mais les européistes s’obstinent
Malgré cela, bien des européistes s’obstinent dans la voie du fédéralisme supra-national. D’ailleurs, puisque nous mentionnions Monsieur Sarkozy, il a été le premier à persévérer dans cette voie sans issue : Alors que le peuple français, comme le peuple hollandais, interrogé par référendum, avait rejeté massivement le Traité de Lisbonne, il a, par un tour de passe – passe dont le cynisme coupe le souffle, fait approuver par voie parlementaire un « traité simplifié » reprenant toutes les dispositions importantes du traité rejeté par le peuple. Bravo la démocratie ! Cela est d’autant plus étonnant que, comme nous l’avons dit, Nicolas Sarkozy, lorsqu’il était président pour six mois de l’Union européenne, jouait à fond la carte de la coopération des Etats et paraissait en totale contradiction avec l’esprit d’intégration communautaire… Il y a du gribouille dans cette volte – face surprenante !
L’Europe unie : une mauvaise plaisanterie !
Tous les européistes partagent, à une degré ou à un autre, la volonté de détruire les Nations européennes et de construire à leur place un conglomérat qui ressemble aux Etats – Unis. Ils veulent faire, nous disent-ils, les Etats-Unis d’Europe ! Mais ces personnes véritablement insensées oublient que les Etats-Unis d’Amérique avaient en eux, dès le départ, une langue, une culture et une religion communes. Une langue unique d’abord : la langue d’origine, l’anglais, est et demeure, trois siècles après l’indépendance, non seulement la langue officielle, mais, et de loin, la langue la plus utilisée par la population. Une culture, qui pendant très longtemps est restée unique et qui, comme la langue, découle de leurs origines anglo-saxonnes. Voyez comme les essais de transposition en France de certaines fêtes pittoresques, telles qu’Halloween, ont échoués, en dépit d’un énorme effort commercial : l’univers latin n’a guère l’habitude des fantômes, des sorcières et des morts-vivants ! Une religion enfin, ou plutôt une multitude de religions, mais qui ont presque toutes un point commun : elles sont fondées sur la Bible, livre phare des protestants. En somme, la formule qu’on utilisait autrefois pour caractériser l’aristocratie américaine – car il existe une aristocratie aux Etats-Unis, mais camouflée - : « White Anglo-Saxon Protestant » (ce qui signifie : protestant blanc anglo-saxon ), peut s’appliquer d’une manière générale à la plus grande partie des américains. Cette description montre qu’il faut être fou, littéralement fou, pour imaginer que les peuples d’Europe vont se fondre en seul peuple. Au lieu d’une langue, il en existe vingt-trois, et quelques pays ont même plusieurs langues ( Belgique, Luxembourg, Pays-Bas, Suisse…etc). Au lieu d’une religion, il en existe quatre principales, qui se succèdent d’ouest en est : catholique, protestante, orthodoxe, musulmane ( car, sans même compter la Turquie, l’Islam dispose de solides bastions aussi bien dans certains pays de l’est - Bulgarie, par exemple - que désormais dans certains pays de l’ouest, et en premier rang, la France ! Il faudrait être fou pour prétendre que la culture de ces différent pays est la même…Les religions, les origines ethniques et surtout l’Histoire s’opposent à une telle uniformité. Au contraire, la richesse de l’Europe, ce sont ces traditions différentes, ces arts différents, ces gastronomies et ces manières de vivre différentes ! Par comparaison, on peut passer un mois à visiter les Etats-Unis en mangeant les mêmes hot - dogs et les mêmes hamburgers, en regardant les mêmes gratte - ciels et en écoutant la même musique syncopée… ! Quant à l’Histoire, n’en parlons pas : nos nations ont passées des millénaires à se combattre, à s’allier quelque temps pour de nouveau se combattre. La culture de chacun de nos pays est donc pétrie, même inconsciemment, des souvenirs de ces combats d’antan…
21:22 Publié dans Elections européennes | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : utopie européenne
28.05.2009
"Sororité" avec Martine aubry et Ségolène Royal...
Sororité… C’est le nouveau mot mis à la mode par Ségolène Royal, avec cette fois-ci la participation linguistique de Martine Aubry. Pour ceux qui l’auraient oublié, sororité désigne la solidarité et la fraternité entre femmes, avec une connotation nettement féministe. Mercredi, au meeting socialiste de Rezé (où le Festival de Cannes semblait se prolonger), ce terme a servi en quelque sorte de mot de passe pour sceller les retrouvailles publiques, six mois après les déchirements de Reims (et dix jours avant les européennes) des deux dames du PS que tout oppose. Sororité semblait faire écho aux fameux fraternité, que Ségolène Royal avait psalmodié sur scène, à la façon d’une rappeuse évangélique, lors de son meeting parisien en forme de show politique. Donc, après la bravitude , la soritude ? Décidément, au PS tout est affaire de langage… Et de branchitude !
Les deux dirigeantes socialistes, accueillies par le maire de Nantes Jean-Marc Ayrault, ont fait mercredi soir, devant environ 3 000 spectateurs, « une entrée de stars ». Ce qui est habituel chez l’une, mais plus rare chez l’autre. Toutes deux portaient pour l’occasion une veste blanche, « vêtement fétiche de l’ex-candidate à la présidentielle pendant la campagne de 2007 ». Etait-ce pour Martine Aubry une façon vestimentaire de se rapprocher de sa rivale ? De se rallier en quelque sorte à son panache blanc ?
« Ma chère Martine, notre première secrétaire, si vaillante dans cette campagne… », a lancé hardiment Ségolène Royal, avec une pointe d’ironie sous-jacente à peine perceptible, même lorsqu’elle proclama sans rire son « bonheur » de se retrouver ainsi à côté de sa « chère Martine ». Cette dernière se dépêcha d’ailleurs de surenchérir dans la flagornerie obligatoire avec la même impudente impassibilité, exprimant son « vrai bonheur ». Celui affiché par Ségolène lui paraissant peut-être un peu factice !
Comment ne pas voir également un trait d’ironie dans le cadeau de retrouvailles fait par la « chère Martine » à sa « chère Ségolène » : une sculpture du Burkina Faso, « représentant une femme debout portant de l’eau ». Un cadeau qui rappelle à la présidente de Poitou-Charentes qu’en avril dernier, dans la capitale sénégalaise, elle avait « demandé pardon » pour le discours sur l’Afrique prononcé quelques mois auparavant par Nicolas Sarkozy. Elle inaugurait ainsi un cycle d’excuses à répétition qui l’avait quelque peu ridiculisée. Lui rappeler ostensiblement cette période sous forme d’une statuette, n’est-ce pas un peu taquin ? En outre, on sait que Ségolène se plaignait d‘être traitée par la première secrétaire du PS « comme une éternelle porteuse d’eau ». Que de symboles vexatoires dans cette statuette négroïde. Mais non. J’extrapole. La sculpture africaine, c’est bien sûr pour célébrer « nos combats communs, en hommage à notre sororité ». Oh ! alors, s’il s’agit de sororité, nous nous inclinons… bien bas !
Ségolène Royal veut faire « les Etats-Unis d’Europe »
La prestation de Rezé des deux dames blanches a sans doute été réussie sur le plan médiatique. Mais elle a aussi déclenché beaucoup de scepticisme et de sarcasmes chez les acteurs et les commentateurs de la classe politique. L’UMP ricane sur ce « mariage forcé », et même l’impavide François Fillon, qui tenait meeting près du Mans, s’est fendu d’un commentaire moqueur. « Je crois savoir qu‘à cette heure Martine Aubry et Ségolène Royal font meeting commun près de Nantes. Il a fallu des semaines pour savoir si ces deux personnalités allaient tenir une réunion ensemble et si elles allaient se serrer la main (…). C‘était un suspense haletant qui a pris toute la France à la gorge. Je ne doute pas qu’un vent de fraternité et d’amitié souffle sur la réunion de ce soir. Mais derrière les apparences, chacun sait que le Parti socialiste est divisé. Surtout sur la question de l’Europe où il est sans idées. » C’est vrai. Mais pour être juste, le PS n’est pas le seul à manquer d’idées sur le sujet européen. On n’en trouve guère plus du côté de l’UMP. En tout cas, la palinodie de Rezé aura même déridé Fillon. Ce n‘était pas gagné d’avance.
Mariage républicain forcé ? Parlons plutôt d’un PACS de circonstance : « J’espère que nous serons unis le 7 juin, avec toutes les voix des Français qui contestent cette politique libérale injuste, qui dérégule tout », a martelé Martine Aubry. Tandis que Ségolène Royal, appelant les socialistes à voter, leur rappelait que « chaque abstention est une voix pour la droite ». Et comme – c’est son côté sarkozyste – il faut toujours qu’elle en fasse trop, l’ex-candidate socialiste à l’Elysée a exhorté les futurs élus du Parlement européen à construire des « Etats-Unis d’Europe ». Dont elle serait bien sûr l’Obamette ?
Résumons : à dix jours des élections européennes, Ségolène Royal et Martine Aubry nous ont affirmé mercredi soir – promis, juré, craché – qu’elles appartenaient toutes deux au même parti. Voilà déjà une information. Il y a quinze jours, Mme Royal se laissait photographier en compagnie de son nouvel ami. Mercredi soir à Rezé, fait encore plus exceptionnel, elle s’est fait tirer le portrait en compagnie de sa nouvelle amie. Une certaine Martine. Quant aux propositions sur l’Europe, inutile de les chercher dans la corbeille des deux pacsées : vous n’en trouverez pas trace. Pas plus d’ailleurs qu’au meeting du Mans, où pérorait François Fillon.
L‘éditorialiste du Centre-Ouest tire avec beaucoup de pertinence la moralité de cette rencontre Aubry-Royal : « D’un côté, un parti sans leader ! De l’autre, un leader sans parti. » Une sorte de colin-maillard ?
JEAN COCHET
20:03 Publié dans Elections européennes | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : sororité, élections européennes 2009
18.05.2009
Elections européennes: agenda de Brigitte Neveux
Brigitte Neveux sur le terrain
17 avril : réunion publique à Niort avec Olivier Destouches.
18 au 20 avril : campagne en Vendée-Sud.
22 avril : campagne au Mans.
23 avril : campagne en Côte-d’Armor.
24-25 avril : campagne en Vendée-Ouest.
26 avril : campagne dans le pays de Retz (44).
1 mai : défilé traditionnel à Paris.
2 mai : réunion publique avec Bruno Gollnish à Rennes.
7 mai : campagne en Vendée.
9 mai : campagne en Morbihan.
13 mai : campagne en Vendée.
14-15 mai : campagne en Ile-et-Vilaine-Nord.
16 mai : campagne en Mayenne.
20 mai : réunion publique avec Jean-Marie Le Pen à Nantes.
23 mai : campagne en Maine-et-Loire.
24 mai : campagne en Charente-Maritime.
27 mai : campagne en Charente.
28 mai : campagne en Vienne.
29-30 mai : campagne en Finistère.
22:20 Publié dans Elections européennes | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : brigitte neveux, élections européennes 2009
05.05.2009
Suite de la campagne de Brigitte Neveux à Betton
21:14 Publié dans Elections européennes | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : elections européennes, brigitte neveux
23.04.2009
Elections européennes :tournée de Brigitte Neveux en Bretagne
22:06 Publié dans Elections européennes | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : elections européennes, brigitte neveux




