03.12.2008
Culture de mort: le lobby euthanasique dans tous ses états.
Après
le satu quo maintenu par le rapport Leonnetti autour de la loi éponyme
de 2005 et sa ruse sémantique relative à l’euthanasie
par omission (cf.
Présent de mardi), le lobby euthanazique se déchaîne pour
promouvoir un « saut qualitatif brusque » dans la culture
de mort.
Nous
disons bien « ruse sémantique », car en assimilant
l’alimentation à un soin thérapeutique et non plus à un soin ordinaire, cette loi et ce rapport
autorisent bien « quelque part » le fait et le
« droit » de donner la mort en débranchant un malade sous
couvert de le « laisser mourir »,
c’est-à-dire en cessant de lui donner les soins ordinaires dans le
cadre d’une procédure collégiale. C’est
l’euthanasie d’exception active (réclamée dans les
affaires Humbert et Sébire) qu’ils refusent et non pas
l’euthanasie d’exception passive (qu’ils confondent
frauduleusement avec les soins palliatifs et le refus d’acharnement
thérapeutique, toujours légitimes).
Mais
c’est évidemment insuffisant pour le lobby de la culture de mort
qui se sert de ce même piège sémantique. Le
président de l’Association pour le (faux) droit à mourir
dans la dignité (ADMD), a estimé mardi que la mission Leonetti
sur la fin de vie « accouche d’une souris
avortée » (sic) et
que son rapport devrait susciter dans les familles beaucoup de
colère : « Ce sera un boomerang à un moment ou
à un autre », ajoute-t-il, déclarant « incroyable
d’avoir passé plusieurs mois pour aboutir à
ça ».
Le
lobby et la désinformation sont tels que les reportages
médiatiques sont pratiquement tous en faveur de l’euthanasie
active. Et rares sont ceux qui, comme Emmanuel Hirsch (professeur
d’éthique médicale à l’université de
Paris-Sud XI), dénoncent (dans une « tribune » au Figaro
du 2
décembre) la manipulation « après des mois de
polémiques habilement fomentées » par
l’ADMD : « Au mépris des leçons de
l’histoire (...) cette idéologisation d’une liberté
ultime, affirmée dans le recours à la mort médicalement
administrée (...) nous livre en toute innocence [?] aux dérives
d’une évidente barbarie. »
•
Le grand-duc Henri de Luxembourg, lui, n’a pas oublié les leçons de
l’histoire et l’euthanasie pratiquée à grande
échelle par le IIIe Reich : il vient de refuser de signer la loi
sur l’euthanasie récemment votée par les parlementaires du
grand-duché, ouvrant une crise constitutionnelle analogue à celle
que connut la Belgique en 1990 lorsque feu le roi Baudoin refusa de voter la
loi sur l’avortement. Le Premier ministre luxembourgeois Jean-Claude
Juncker (démocrate-chrétien !), est furieux : « Je
ne suis pas d’accord que le grand-duc ne veuille pas sanctionner une loi
(...). Je comprends les problèms de conscience du grand-duc. Avec des
nuances, j’ai les mêmes problèmes. Mais je suis d’avis
que si la Chambre des députés vote une loi, elle doit pouvoir
entre en vigueur… »
Ce sont
ces quelques princes réduits et captifs qui font aujourd’hui
office d’Antigone ou de Thomas More, inversant paradoxalement les
rôles dans une situation très révélatrice du totalitarisme
sournois de
leurs régimes. Leur noble et courageux témoignage ne va pas
cependant jusqu’au martyre, ni jusqu’à faire vraiment
échec à cette logique mortifère. Un commentaire sur le Salon beige rappelle que le grand-duc
(père) aurait bien signé l’actuelle loi sur
l’avortement au Luxembourg et que l’actuel grand-duc aurait
modifié, de son propre chef, la formule du couronnement, en enlevant la
mention « par la grâce de Dieu », en expliquant que cela
n’avait plus de sens et que le pouvoir venait du peuple : « Au
nom de quoi alors peut-il maintenant refuser une loi votée par le
Parlement ? »
• On
en revient toujours aux commandements de Dieu et aux principes non
négociables de Benoît XVI. Alors qu’un député
français du Nouveau Centre (!), Olivier Jardé (membre de la
mission Leonetti), vient proposer carrément de tuer arbitrairement les
grands prématurés : « Nous n’avons pas
le droit de retirer la sonde de lait d’un enfant dans le cadre du
laisser-mourir. Mais avons-nous le droit d’arrêter un projet de vie
inacceptable ? Avons-nous le droit d’arrêtre une vie qui
n’a même pas commencé ? Je réponds oui, par
sédation, sans pour autant faire exception
d’euthanasie. » Sic !
Il
serait temps enfin de comprendre – notamment chez nos
évêques – qu’il n’existe pas de moindre
mal ou de moindre
pire en cette
matière vitale et sacrée. Et que le lobby de la culture de mort
commence précisément avec ces avocats du
« moindre ». Jusque chez des Leonetti, dont la loi trompeuse,
malgré ses côtés très positifs (en termes de soins
palliatifs) et sans doute restrictifs (en termes d’euthansie) constitue
malgré tout un premier pas légal dans l’engrenage infernal
de l’euthanasie. La culture de mort nécessite une culture de la dissidence sans aucune concession.
REMI FONTAINE
18:33 Publié dans Euthanasie | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : euthanasie, culture de mort, rapport leonneti



